Quatorze semaines pour la mère, deux pour l'autre parent. Le congé parental suisse est l'un des plus courts d'Europe occidentale, et son indemnisation obéit à une règle unique : 80 % du revenu, plafonné à 220 CHF par jour.
Ce plafond est le chiffre qui compte. Il est atteint dès un salaire mensuel d'environ 8'250 CHF, et il transforme le congé en perte sèche pour tous les revenus au-dessus.
Deux congés, une seule mécanique
| Mère | Autre parent | |
|---|---|---|
| Durée | 14 semaines, 98 jours | 2 semaines, 14 jours |
| Taux | 80 % du revenu moyen | 80 % du revenu moyen |
| Plafond | 220 CHF par jour | 220 CHF par jour |
| Montant maximal | 21'560 CHF | 3'080 CHF |
| Délai pour en bénéficier | dès la naissance | dans les 6 mois |
Le revenu de référence est celui réalisé immédiatement avant l'accouchement. Une baisse de taux d'activité en fin de grossesse réduit donc l'allocation, ce qui mérite d'être anticipé.
Depuis le 1er janvier 2024, la terminologie a changé : « congé de paternité » et « allocation de paternité » sont devenus « congé de l'autre parent » et « allocation à l'autre parent ». Le changement n'est pas cosmétique — il ouvre le droit à l'épouse de la femme qui accouche.
Le plafond de 220 CHF, et qui le heurte
L'allocation vaut 80 % du revenu jusqu'à un certain point, puis s'arrête net. Le calcul du seuil est simple : 220 CHF représentent 80 % d'un revenu journalier de 275 CHF, soit environ 8'250 CHF de salaire mensuel.
En dessous, le congé coûte 20 % du revenu. Au-dessus, il coûte davantage à chaque franc supplémentaire. Une mère à 12'000 CHF par mois perçoit le même montant qu'une mère à 8'250 CHF, et perd donc bien plus que 20 %.
Ce plafond fait du congé maternité une charge progressive à l'envers : plus le salaire est élevé, plus la perte relative est forte. C'est le paramètre qui décide, en pratique, quel parent réduit son taux d'activité après la naissance — une décision dont le calcul du temps partiel montre les conséquences à long terme sur la prévoyance.
Ce que l'employeur peut ajouter, et n'est pas obligé d'ajouter
La loi n'impose aucun complément. Le maintien du salaire complet pendant le congé relève du contrat de travail ou de la convention collective, et la pratique varie fortement selon les branches et la taille de l'entreprise.
Trois clauses à repérer dans votre contrat : le maintien intégral du salaire pendant les 14 semaines, une durée de congé supérieure au minimum légal, et le traitement des semaines supplémentaires prises au-delà du congé indemnisé.
Au-delà des 98 jours, rien n'est versé sauf accord. Prolonger de quatre semaines un congé sur un salaire mensuel de 6'500 CHF coûte environ 6'000 CHF de revenu brut. C'est une décision de budget, pas seulement d'organisation.
Le congé de l'autre parent, à prendre quand
Les deux semaines peuvent être prises en bloc ou en journées séparées, à condition de rester dans les six mois suivant la naissance. Au-delà de ce délai, les jours non pris sont perdus.
Cette souplesse est sous-utilisée. Prendre les deux semaines immédiatement après la naissance est le réflexe le plus courant, mais fractionner permet de couvrir un autre moment critique — la reprise du travail de la mère à la fin des 14 semaines, ou l'entrée à la crèche. Le coût de la crèche montre pourquoi ce calendrier compte.
Ce qui suit le congé
La fin du congé maternité ouvre trois questions de budget que ce calculateur ne couvre pas mais que le site traite ailleurs.
Les allocations familiales commencent dès le mois de la naissance et vont de 200 à 305 CHF par mois selon le canton, avec une allocation de naissance dans six cantons romands. Le coût d'un enfant chiffre l'ensemble des postes jusqu'à la majorité. Et le coût de la crèche, souvent le premier poste du budget d'un jeune ménage, dépend du revenu et de la commune.
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APG parentales : changement prévu le 1er juillet 2027
Le Conseil fédéral a fixé cette date le 26 août 2026. La réforme étend aux congés parentaux les allocations pour frais de garde et, pour les indépendants, d’exploitation. Elle élargit aussi les droits lors d’une hospitalisation de la mère ou de l’enfant et maintient certains droits de l’autre parent en cas de décès de l’enfant.
Les règles actuelles restent applicables jusque-là. Cette simulation ne chiffre pas les nouvelles prestations accessoires de 2027. Communiqué officiel et dispositions d’exécution, consultés le 19 septembre 2026.