Trois blocs de coûts, une seule partie tarifée
Le budget du permis voiture se lit mal parce qu’il mélange deux natures de dépenses. Les émoluments du service des automobiles sont fixés par un règlement cantonal : ils sont publics, identiques pour tout le monde, et se comptent en centaines de francs. Les leçons et les cours obligatoires sont des prix de marché, libres, et représentent l’essentiel de la facture.
Dans l’exemple affiché au chargement, les émoluments genevois pèsent 270 francs sur un total de 3'720 francs. La quasi-totalité du budget dépend donc de votre auto-école et du nombre de leçons dont vous avez besoin, pas du canton où vous passez l’examen.
Cette page chiffre le parcours complet d’un candidat à la catégorie B, de la demande de permis d’élève conducteur jusqu’à la formation complémentaire qui suit l’examen. Elle ne remplace pas un devis d’auto-école : elle vous donne la structure dans laquelle ranger ce devis.
Les étapes obligatoires et leur base légale
L’ordonnance réglant l’admission à la circulation routière (OAC, RS 741.51) fixe la suite des étapes.
- Contrôle de la vue avant le dépôt de la demande, chez un médecin, un opticien diplômé ou un optométriste exerçant en Suisse. Il ne doit pas dater de plus de 24 mois (art. 9).
- Cours de premiers secours, attesté par un institut reconnu par l’OFROU, de moins de six ans au moment de l’inscription à l’examen théorique (art. 10).
- Examen théorique de base, qui donne le permis d’élève conducteur. Celui-ci est valable 24 mois pour la catégorie B (art. 15 et 16).
- Cours de théorie de la circulation de huit heures au total, suivi auprès d’un moniteur de conduite une fois le permis d’élève en poche (art. 18).
- Examen pratique. Les candidats qui ont obtenu le permis d’élève avant 20 ans doivent l’avoir détenu au moins un an pour y être admis (art. 22 al. 1bis).
- Formation complémentaire de sept heures, donnée en une journée, à suivre dans les douze mois qui suivent la délivrance du permis à l’essai (art. 27a et 27c).
Le permis de conduire obtenu pour la première fois est délivré à l’essai, pour une période probatoire de trois ans (LCR art. 15a al. 1). Ne pas suivre la formation complémentaire dans le délai de douze mois est passible d’une amende de 300 francs au plus (OAC art. 148).
Les échecs sont eux aussi réglés. Après deux échecs à l’examen pratique, un nouvel essai n’est possible que si le moniteur atteste que la formation de conducteur est achevée. Après trois échecs, le quatrième examen suppose un test d’aptitude favorable (OAC art. 23).
Les émoluments relevés dans deux cantons
Les deux cantons dont les règlements sont repris ici ne construisent pas leur tarif de la même façon.
- Canton de Genève, règlement sur les émoluments de l’office cantonal des véhicules (rsGE H 1 05.08), art. 2 : forfait de 70 francs pour l’examen théorique de base, qui comprend les frais de dossier, l’examen et au maximum deux répétitions, valable douze mois ; forfait de délivrance de 80 francs qui couvre le permis d’élève conducteur, son éventuelle prolongation et le permis de conduire ; 120 francs par examen pratique de la catégorie B ; 20 francs par examen théorique dès le quatrième. Un parcours sans échec revient donc à 270 francs d’émoluments.
- Canton de Vaud, règlement sur les émoluments perçus par le Service des automobiles et de la navigation (BLV 741.15.1) : 30 francs pour l’établissement du permis d’élève (art. 5 al. 1 let. a), 45 francs pour le permis de conduire au format carte de crédit (let. b), 40 francs par examen théorique (art. 7 al. 1 let. a), 130 francs par examen pratique de la catégorie B (art. 8 al. 1 let. b). Soit 245 francs sans échec. Le test psychotechnique d’aptitude réalisé après trois échecs à l’examen pratique y est facturé 180 francs (art. 8a).
Pour les autres cantons, le calculateur demande trois montants : les émoluments de dossier et de permis, le prix d’un examen théorique et celui d’un examen pratique. Ils figurent dans le règlement des émoluments de votre service cantonal des automobiles.
La méthode de calcul, et un exemple chiffré
- Émoluments : montant de dossier et de permis, plus les examens théoriques non couverts par un forfait, plus chaque examen pratique, plus le test d’aptitude lorsqu’il est exigé et tarifé.
- Formation : leçons × prix de la leçon, plus le cours de premiers secours, le cours de théorie de la circulation et la formation complémentaire.
- Frais annexes : contrôle de la vue, photo et tout ce que vous ajoutez.
- Coût d’un échec supplémentaire : émolument d’un examen pratique, plus les leçons de rattrapage que vous prévoyez.
Un candidat genevois qui réussit du premier coup, avec 30 leçons à 90 francs, un cours de premiers secours à 130 francs, un cours de théorie de la circulation à 200 francs, une formation complémentaire à 400 francs et 20 francs de contrôle de la vue arrive à 3'720 francs : 270 francs d’émoluments, 3'430 francs de formation, 20 francs de frais annexes. Un échec à l’examen pratique suivi de cinq leçons de rattrapage ajoute 570 francs. Le même parcours dans le canton de Vaud coûte 3'695 francs, la différence tenant uniquement aux émoluments.
Ce que le calcul ne dit pas
- Le permis définitif après la période probatoire. L’échange du permis à l’essai contre le permis définitif, trois ans plus tard, donne lieu à un nouvel émolument dans plusieurs cantons. Il n’est pas compté ici, faute d’avoir pu le rattacher à une disposition claire dans les deux règlements relevés.
- Le test d’aptitude hors du canton de Vaud. Il est obligatoire dès le quatrième examen pratique, mais son prix relève des frais d’expertise à la charge du candidat (REmOCV art. 45), sans montant tarifé. Le calculateur l’affiche à zéro et signale qu’il manque.
- Les rendez-vous manqués. Un examen annulé hors délai ou non honoré reste dû : émolument complet dans le canton de Vaud (RE-SAN art. 9), 20 francs pour la théorie et le tarif de la catégorie pour la pratique dans le canton de Genève (REmOCV art. 42).
- Les leçons en boîte automatique, les forfaits et les rabais des auto-écoles, qui modifient le prix unitaire que vous saisissez.
- La voiture qui vient après. Le coût mensuel d’une voiture et le choix entre crédit, leasing et achat comptant sont chiffrés ailleurs, tout comme le budget carburant.
Si le permis entre dans un budget de jeune adulte, le planificateur de budget étudiant et le simulateur du coût d’un enfant montrent où le loger. Pour toute question sur votre dossier, l’interlocuteur est le service cantonal des automobiles, pas votre auto-école.
Sources
- Confédération, ordonnance réglant l’admission à la circulation routière (OAC, RS 741.51), état le 1er janvier 2026, art. 9, 10, 15, 16, 18, 22, 23, 27a, 27c et 148. Consultée le 20 septembre 2026.
- Confédération, loi fédérale sur la circulation routière (LCR, RS 741.01), art. 15a, permis de conduire à l’essai et période probatoire de trois ans. Consultée le 20 septembre 2026.
- République et canton de Genève, règlement sur les émoluments de l’office cantonal des véhicules (rsGE H 1 05.08), art. 2, 42 et 45, dernières modifications au 1er janvier 2026. Consulté le 20 septembre 2026.
- Canton de Vaud, règlement sur les émoluments perçus par le Service des automobiles et de la navigation (BLV 741.15.1), art. 5, 7, 8, 8a et 9, version consolidée en vigueur dès le 1er janvier 2026. Consulté le 20 septembre 2026.
- TCS, Permis de conduire suisse : coûts et frais, mise à jour d’août 2025, pour les ordres de grandeur des prix de marché repris comme valeurs de départ. Consulté le 20 septembre 2026.
Émoluments cantonaux relevés en septembre 2026. Les prix des leçons et des cours sont ceux que vous saisissez : aucun tarif officiel n’existe pour eux. Les résultats sont indicatifs et ne remplacent pas le devis de votre auto-école ni les indications de votre service cantonal des automobiles.