Aller au contenu principal
Frontalier

Salaire frontalier

Estimez votre salaire net selon votre canton d'emploi : impôt à la source (Suisse) ou IRPP (France).

Barèmes 2026 · Sources AFC, impots.gouv.fr

Régime : impôt à la source en Suisse

Influence la cotisation LPP.

Salaire net annuel

-- CHF
soit -- CHF / mois
~-- EUR / mois (taux indicatif)
Cotisations sociales suisses
AVS / AI / APG (5,3 %) --
Chômage AC (1,1 %) --
AANP (~1,4 %) --
LPP 2e pilier --
Impôt à la source (Suisse)
Impôt à la source (IFD+ICC) --
Total déductions --
Taux de charge --%

Estimation indicative. L'impôt à la source et l'IRPP dépendent de paramètres non modélisés ici (commune, déductions, autres revenus). Taux CHF/EUR indicatif : 0,95.

Vous êtes résident suisse ? Utilisez le calculateur brut-net standard

Comment est imposé un frontalier en Suisse

La fiscalité des frontaliers France-Suisse repose sur une distinction géographique simple en apparence, mais aux conséquences financières majeures : le canton d'emploi détermine le pays d'imposition.

À Genève, les frontaliers sont imposés en France. C'est le seul canton romand dans ce cas, en vertu de la convention franco-suisse du 9 septembre 1966 (art. 17). Concrètement, le frontalier genevois déclare ses revenus suisses en France, paie l'IRPP selon les tranches françaises et la CSG/CRDS (9,7 % sur 98,25 % du revenu brut). En contrepartie, Genève reverse une compensation de 3,5 % de la masse salariale des frontaliers aux départements français limitrophes.

Dans les autres cantons (Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel, Jura, Berne), les frontaliers sont imposés à la source en Suisse. L'employeur prélève l'impôt directement sur le salaire, selon des barèmes publiés par l'AFC qui incluent l'IFD, l'ICC et l'impôt communal dans un seul taux. Le frontalier déclare ensuite ces revenus en France mais bénéficie d'un crédit d'impôt équivalent pour éviter la double imposition.

Les cotisations sociales suisses sont identiques quel que soit le canton : AVS 5,3 %, AC 1,1 %, AANP ~1,4 %, et LPP selon l'âge. Ces cotisations sont prélevées sur le salaire par l'employeur, comme pour un résident.

Ce que les frontaliers ne savent pas (et qui coûte cher)

Le statut quasi-résident à Genève

Les frontaliers genevois dont plus de 90 % des revenus mondiaux proviennent de Suisse peuvent demander la taxation ordinaire ultérieure (TOU), aussi appelée "statut quasi-résident". Ce statut permet de déclarer à Genève plutôt qu'en France, avec la possibilité de déduire les versements 3a, les frais professionnels effectifs, les rachats LPP et d'autres charges. Pour les hauts revenus avec des déductions importantes, l'économie peut atteindre plusieurs milliers de francs par an.

Le piège de la CMU

Depuis 2014, les frontaliers doivent choisir entre la LAMal suisse (prime fixe, ~400 CHF/mois) et la CMU française (8 % du revenu fiscal de référence). Le calcul semble simple, mais les pièges sont nombreux. La CMU revient moins cher en dessous d'environ 60'000 CHF brut annuel. Au-dessus, la prime CMU explose : à 120'000 CHF, elle dépasse 700 EUR/mois. Or le choix est irrévocable tant qu'on reste frontalier dans le même canton. Un frontalier qui progresse en salaire et a choisi la CMU à ses débuts peut se retrouver piégé pendant des années.

Le pilier 3a : déductible en Suisse, pas en France

Un frontalier affilié au 2e pilier peut cotiser au pilier 3a (jusqu'à 7'258 CHF/an). Pour les cantons avec impôt à la source, le versement 3a est déductible via une rectification de l'impôt source — une procédure que beaucoup ignorent. En revanche, les frontaliers genevois imposés en France ne bénéficient d'aucun avantage fiscal sur le 3a côté français. L'enveloppe reste intéressante pour la capitalisation, mais sans le levier fiscal.

Le change : un "salaire variable" invisible

Un frontalier payé 100'000 CHF voit son pouvoir d'achat en euros varier de ±7 % selon le taux de change. À 0,93 EUR/CHF, il touche 93'000 EUR. À 1,07, il touche 107'000 EUR. C'est une variation de 14'000 EUR sans aucune modification du contrat de travail. Les frontaliers expérimentés utilisent plusieurs stratégies : conversion au fil de l'eau, comptes multi-devises (Wise, Revolut), ou conservation d'une partie en CHF si des dépenses sont prévues en Suisse.

Comparaison par canton : imposé en Suisse vs en France

Salaire brut de 90'000 CHF, célibataire sans enfant, 35 ans :

Canton Régime Cotisations CH Impôts Net annuel
Genève (GE) France ~9'600 CHF ~13'500 CHF* ~66'900 CHF
Vaud (VD) Suisse ~9'600 CHF ~10'350 CHF ~70'050 CHF
Valais (VS) Suisse ~9'600 CHF ~8'550 CHF ~71'850 CHF
Fribourg (FR) Suisse ~9'600 CHF ~10'800 CHF ~69'600 CHF
Neuchâtel (NE) Suisse ~9'600 CHF ~11'700 CHF ~68'700 CHF
Jura (JU) Suisse ~9'600 CHF ~11'250 CHF ~69'150 CHF
Berne (BE) Suisse ~9'600 CHF ~10'800 CHF ~69'600 CHF

* GE : inclut IRPP + CSG/CRDS (9,7 %). Le résultat change fortement avec la situation familiale : un marié avec 2 enfants est souvent mieux imposé en France grâce au quotient familial. (Sources : AFC barèmes source 2026, impots.gouv.fr barème IRPP 2026)

Ce que les chiffres signifient

Si votre net est plus élevé avec le régime français (ce qui arrive souvent pour les familles nombreuses grâce au quotient familial), n'oubliez pas les charges sociales françaises en plus. La CSG/CRDS à 9,7 % n'a pas d'équivalent dans les cantons avec impôt à la source — c'est un prélèvement spécifiquement français.

Le salaire brut seul ne suffit pas pour comparer. Un frontalier à Genève avec 90'000 CHF brut paie des cotisations suisses ET des impôts français ET la CSG/CRDS. Un frontalier à Vaud avec le même brut paie des cotisations suisses ET l'impôt à la source, point final. L'écart net entre les deux peut dépasser 3'000 CHF/an pour un célibataire, mais s'inverser pour une famille.

Attention aussi à une erreur fréquente : le pilier 3a n'est pas déductible de l'IRPP français. Un frontalier genevois qui verse 7'258 CHF dans son 3a ne récupère rien fiscalement en France, alors que le même versement génère ~2'000 CHF d'économie pour un frontalier vaudois imposé à la source.

Sources et méthodologie

Ce simulateur utilise les barèmes suivants :

L'estimation est indicative. L'impôt à la source réel dépend du barème exact (A/B/C/H), de la commune et des rectifications. L'IRPP français dépend du foyer fiscal complet. Le taux de change CHF/EUR utilisé (0,95) est un indicateur moyen ; le taux réel fluctue quotidiennement.

Questions fréquentes

Un frontalier paie-t-il des impôts en Suisse ou en France ?
Cela dépend du canton d'emploi. Les frontaliers travaillant à Genève sont imposés en France (IRPP + CSG/CRDS), conformément à la convention franco-suisse de 1966. Dans les autres cantons romands (Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel, Jura, Berne), l'impôt est prélevé à la source en Suisse par l'employeur. Les cotisations sociales suisses (AVS, AC, LPP) s'appliquent dans tous les cas.
Qu'est-ce que le statut quasi-résident à Genève ?
Si plus de 90 % de vos revenus mondiaux proviennent de Suisse, vous pouvez demander la taxation ordinaire ultérieure (TOU) à Genève. Ce statut permet de déclarer des déductions (3a, frais professionnels, charges) comme un résident. Pour les hauts revenus avec des déductions importantes, c'est souvent plus avantageux que l'IRPP français. La demande se fait auprès de l'administration fiscale genevoise avant le 31 mars de l'année suivante.
Un frontalier peut-il cotiser au pilier 3a ?
Oui. Tout travailleur affilié à une caisse de pension suisse (LPP) peut verser jusqu'à 7'258 CHF par an dans un pilier 3a. Pour les frontaliers imposés à la source, le versement est déductible des impôts suisses via une rectification de l'impôt source. En revanche, le 3a n'est pas déductible de l'IRPP français — les frontaliers genevois imposés en France n'ont donc pas d'avantage fiscal sur le 3a.
Vaut-il mieux choisir la LAMal ou la CMU quand on est frontalier ?
Les frontaliers ont un droit d'option entre la LAMal suisse (prime fixe, ~400 CHF/mois) et la CMU française (8 % du revenu fiscal de référence). La CMU est moins chère en dessous d'environ 60'000 CHF de revenu brut. Au-dessus, la LAMal revient souvent moins cher car la prime est fixe quel que soit le revenu. Attention : le choix est irrévocable tant que vous restez frontalier dans le même canton.
Comment est calculé l'impôt à la source pour un frontalier ?
L'employeur prélève l'impôt directement sur le salaire, selon des barèmes publiés par l'AFC. Le barème dépend de la situation familiale (A = célibataire, B = marié un revenu, C = marié deux revenus, H = famille monoparentale) et du canton. Le taux effectif varie de 4 % à 20 % selon le revenu et le canton. Il couvre l'IFD, l'ICC et l'impôt communal — tout est inclus dans un seul prélèvement.
Le taux de change CHF/EUR affecte-t-il mon salaire net réel ?
Considérablement. Un frontalier payé 100'000 CHF reçoit entre 93'000 et 107'000 EUR selon que le taux est à 0,93 ou 1,07. C'est une variation de ±7 % sans aucun changement de salaire. Les frontaliers imposés en France subissent un double effet : le taux de change affecte à la fois le revenu ET la base imposable française. La plupart des frontaliers changent leur salaire au fil de l'eau plutôt qu'en une fois pour lisser les fluctuations.
Dany Santos Grilo, fondateur de Calcul Suisse

Dany Santos Grilo

Fondateur de Calcul Suisse · Maturité en économie · Lausanne

Maturité gymnasiale en économie Entrepreneur depuis 2020 Comptabilité et fiscalité d'entrepreneur Gestion finance et trésorerie Développeur web et IA Fondateur d'ascense.ch

Données vérifiées manuellement à partir des sources officielles (OFAS, AFC, OFS). Contenu rédigé avec l'assistance de l'IA et relu avant publication.

Optimisez votre déclaration d'impôts

Les barèmes cantonaux sont complexes, et les déductions changent chaque année. Un fiscaliste peut vous faire économiser bien plus que ses honoraires.

  • Identification de toutes vos déductions possibles
  • Optimisation fiscale selon votre canton
  • Consultation gratuite et sans engagement

Être mis en relation gratuitement

Gratuit et sans engagement