Une déduction oubliée peut augmenter votre impôt. Commencez par identifier l’année : la déclaration déposée en 2026 porte généralement sur les revenus et dépenses de 2025. Les versements et dépenses effectués en 2026 appartiennent à la période fiscale 2026, déclarée ensuite.
Pilier 3a : versement ordinaire et premier rachat
En 2025 et 2026, une personne affiliée à une caisse de pension peut verser 7’258 CHF par an. Sans caisse de pension, la limite est de 20 % du revenu déterminant, au maximum 36’288 CHF. Le plafond ordinaire dépend de l’affiliation à la prévoyance professionnelle.
Dès 2026, une lacune née en 2025 peut être rachetée. Il faut notamment avoir un revenu soumis à l’AVS permettant de cotiser durant les deux années et avoir versé la cotisation ordinaire maximale de l’année du rachat. Le rachat annuel est limité au petit plafond 3a ; il se déduit l’année où il est payé. Source : OFAS, troisième pilier.
Pour estimer l’économie, faites deux simulations fiscales avec les mêmes données, avant et après déduction. Une multiplication par un taux marginal constant reste une approximation si le versement traverse plusieurs tranches.
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Frais professionnels : utiliser les limites de la bonne année
À l’IFD, pour 2026, la déduction des déplacements est limitée à 3’300 CHF. L’indemnité kilométrique de la voiture passe à 0.75 CHF, lorsque l’usage du véhicule est admis ; elle était de 0.70 CHF en 2025.
Pour les repas pris à l’extérieur, la déduction entière est de 15 CHF par jour, au plus 3’200 CHF par an. La demi-déduction est de 7.50 CHF, au plus 1’600 CHF. Les conditions de l’employeur et les avantages déjà reçus comptent.
Les frais de formation et de formation continue à des fins professionnelles, y compris une reconversion admise, sont plafonnés à 13’000 CHF à l’IFD en 2025 et 2026. Les limites cantonales sont séparées : Vaud retient notamment 12’000 CHF en 2026. Les premières formations et les dépenses de loisir suivent d’autres règles.
Sources : AFC, déductions fédérales 2026 et tableau vaudois 2026.
Rachat LPP : la déduction la plus puissante et la moins utilisée
Si vous avez commencé à travailler en Suisse après 25 ans, ou si vous avez eu des périodes sans emploi, votre 2e pilier présente probablement une lacune de cotisation. Bonne nouvelle : vous pouvez la combler par un rachat volontaire, et le montant est intégralement déductible de votre revenu imposable. (Source : LPP, art. 79b)
Il n’y a pas de plafond fixe : la limite est votre lacune réelle, indiquée sur votre certificat de prévoyance.
Un rachat de 20’000 CHF réduit le revenu imposable de ce montant lorsqu’il est entièrement admis. Son effet sur la facture dépend du revenu avant rachat, du canton, de la commune et du ménage. Demandez une simulation complète avant de choisir le montant et la date.
Bon à savoir : si vous avez racheté de la LPP, vous ne pouvez pas retirer le capital sous forme de prestation en capital pendant les 3 années qui suivent. Planifiez en conséquence si vous envisagez un retrait à la retraite.
Propriétaires : intérêts hypothécaires et frais d’entretien
Si vous êtes propriétaire, deux déductions s’ajoutent à votre déclaration :
Les intérêts hypothécaires privés sont déductibles dans les limites applicables aux intérêts passifs : à l’IFD, le rendement brut imposable de la fortune augmenté de 50’000 CHF. Sur une hypothèque de 600’000 CHF à 1.5%, ça représente 9’000 CHF de déduction annuelle. (Source : LIFD, art. 33)
Les frais d’entretien du bien sont déductibles — mais uniquement les travaux qui maintiennent la valeur du bien (peinture, réparation de la chaudière, remplacement de fenêtres). Les travaux qui augmentent la valeur (agrandissement, piscine, nouvelle cuisine haut de gamme) ne le sont pas.
Chaque année, choisissez entre le forfait autorisé et les frais effectifs admis. Le forfait varie selon le canton, l’âge du bâtiment et son usage ; les taux fédéraux ne doivent pas être appliqués automatiquement à l’impôt cantonal. Si vous avez fait des travaux importants une année, les frais effectifs sont souvent plus avantageux.
Les “petites” déductions qui s’accumulent
Prises isolément, ces déductions semblent modestes. Cumulées, elles peuvent représenter 3’000 à 5’000 CHF de revenu imposable en moins.
- Frais de garde d’enfants : jusqu’à 25’800 CHF par enfant à l’IFD en 2025 et 2026, pour un enfant de moins de 14 ans et des frais justifiés remplissant les conditions légales. Le plafond vaudois est de 15’200 CHF en 2026.
- Cotisations syndicales et professionnelles : vérifiez leur traitement dans les frais professionnels et évitez une double déduction avec le forfait.
- Dons à des institutions reconnues : déductibles jusqu’à 20% de votre revenu net. À l’IFD, le total annuel doit atteindre au moins 100 CHF ; conservez l’attestation. (Source : LIFD, art. 33a)
- Frais médicaux non remboursés : déductibles au-delà d’un seuil (souvent 5% du revenu net). Si vous portez des lunettes, avez eu des soins dentaires importants ou des frais de psychothérapie non couverts, conservez les factures.
- Primes d’assurance maladie : déclarez les montants demandés, après prise en compte des subsides ; la déduction fiscale est plafonnée et ne rembourse pas les primes.
Réformes : séparer les dépenses actuelles des règles futures
La déduction fédérale par enfant reste de 6’800 CHF en 2026. Les 12’000 CHF prévus par la loi sur l’imposition individuelle s’appliqueront avec la réforme en 2032. Source : DFF.
La suppression de la valeur locative entrera en vigueur le 1er janvier 2029, selon la décision du Conseil fédéral du 1er avril 2026. Elle ne supprime pas les déductions immobilières des déclarations actuelles. Pour l’année concernée, appliquez les instructions fiscales en vigueur et distinguez entretien, amélioration et mesures énergétiques. Vérifiez le calendrier et les limites dans le guide de la valeur locative.
Avant d’envoyer la déclaration, rapprochez chaque déduction de son justificatif et du plafond de la bonne période. Un versement 3a ou un rachat payé en 2026 ne se reporte pas dans la déclaration ordinaire 2025.
Ce qu’il faut retenir
Rattachez chaque déduction à une dépense justifiée, au bon exercice fiscal et aux règles fédérales ou cantonales concernées. Vérifiez les conditions des versements 3a et des rachats LPP, sans appliquer par avance les réformes annoncées.