La question n'est pas « faut-il une assurance décès » mais « combien manquerait-il ». Ce sont deux problèmes différents, et le second se calcule.
Le point de départ est ce que votre famille recevrait déjà. L'AVS verse une rente de veuf ou de veuve plafonnée à 2'016 CHF par mois et une rente d'orphelin plafonnée à 1'008 CHF par enfant. La caisse de pension ajoute en général 60 % de la rente de vieillesse pour le conjoint et 20 % par orphelin. La somme reste très en dessous du salaire disparu.
La méthode : besoin moins couverture
Quatre chiffres suffisent.
Le besoin. Les dépenses annuelles du ménage, multipliées par le nombre d'années à couvrir. La durée se choisit sur un événement concret : l'autonomie du dernier enfant, l'âge de la retraite du survivant, la fin de l'hypothèque.
Le revenu du survivant. Ce qu'il gagne déjà, ou ce qu'il pourrait gagner en reprenant une activité. Attention à ne pas surestimer : un parent seul avec deux jeunes enfants ne reprend pas un plein temps du jour au lendemain.
Les rentes de survivants. AVS et LPP, mensuelles, multipliées par la durée. Le calculateur de rente de survivant les estime, et votre certificat de prévoyance donne le chiffre exact de la part LPP.
Les capitaux disponibles. Épargne, titres, capital décès prévu par la caisse de pension — souvent trois fois la rente annuelle de vieillesse LPP —, assurances déjà souscrites.
La différence est le capital à assurer. S'y ajoute, pour un propriétaire, le remboursement de tout ou partie de l'hypothèque.
Votre solde bancaire ne dit pas ce que vous pouvez dépenser.
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Mieux gérer son argent en Suisse
Le trou du concubinage
L'AVS ne verse rien au concubin survivant. Jamais, quelle que soit la durée de la vie commune, quel que soit le nombre d'enfants. Le premier pilier ne connaît que le mariage et le partenariat enregistré.
Les caisses de pension peuvent prévoir une prestation pour le concubin, mais à des conditions strictes : annonce écrite du vivant de l'assuré, durée minimale de vie commune, parfois entretien d'un enfant commun. Sans annonce déposée à la caisse, le règlement ne s'applique pas, même si toutes les autres conditions sont remplies.
Pour un couple non marié, deux gestes valent mieux qu'une assurance : vérifier le règlement de la caisse de pension et y déposer l'annonce de concubinage. C'est gratuit et immédiat.
L'hypothèque, le poste qui décide d'un déménagement
Un ménage propriétaire à deux revenus qui en perd un ne tient souvent plus les critères bancaires. La banque examine la capacité de remboursement du survivant sur la base de la règle des 33 % de charges, taux calculatoire compris — pas la valeur du bien ni l'historique de paiement.
Le calcul de capacité d'emprunt permet de tester le scénario : entrez le seul revenu du survivant et regardez si l'hypothèque actuelle passe encore. Si elle ne passe pas, l'écart à combler est le montant d'hypothèque à couvrir par une assurance ou par un amortissement anticipé.
C'est aussi ce qui justifie souvent une couverture décès temporaire, calée sur la durée de l'hypothèque plutôt que sur la vie entière.
Risque pur ou assurance mixte
Deux produits portent le même nom d'assurance vie et ne font pas la même chose.
L'assurance risque pur verse un capital si le décès survient pendant la durée du contrat, et rien sinon. La prime est faible parce qu'elle ne finance que le risque. Pour une couverture de 300'000 CHF sur quinze ans, c'est le produit le moins cher.
L'assurance mixte combine ce risque et une épargne, souvent logée dans le pilier 3a. Elle rassure parce qu'« on récupère quelque chose », mais la part épargne y est chargée de frais et son rendement se compare mal à celui d'un placement en titres au sein du 3a. Elle enferme en outre le capital dans un contrat difficile à résilier sans perte.
La séparation des deux fonctions — assurer le risque d'un côté, épargner de l'autre — donne presque toujours un meilleur résultat à budget égal.
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