Trois offres d'assurance auto ne se comparent pas par leur prime. Une prime inférieure de 200 CHF assortie d'une franchise supérieure de 1'000 CHF devient plus chère au premier sinistre — et l'écart s'inverse une fois de plus si vous ne déclarez rien pendant cinq ans.
Le calculateur ci-dessus additionne ce qui se paie réellement : les primes de la période, plus la franchise à chaque sinistre.
Ce qui est obligatoire, et ce qui ne l'est pas
La responsabilité civile est obligatoire pour tout véhicule immatriculé en Suisse. C'est l'attestation d'assurance qui déclenche la délivrance des plaques auprès du service cantonal des automobiles. Elle couvre les dommages que vous causez à autrui, sans limite pratique pour les dommages corporels.
La casco partielle couvre les dommages subis sans faute du conducteur : vol, incendie, bris de glace, grêle et forces de la nature, collision avec un animal. Elle est facultative et relativement peu chère.
La casco complète ajoute les dommages que vous causez à votre propre véhicule. C'est la couche coûteuse, et la seule dont l'utilité décroît avec l'âge du véhicule. Un contrat de leasing l'impose en revanche pendant toute sa durée, sans discussion possible.
Le calcul que personne ne fait avant d'appeler
Un sinistre déclaré coûte deux fois : la franchise, puis la hausse de prime que le malus entraîne pendant plusieurs années.
Prenons un dommage de 2'500 CHF avec une franchise de 1'000 CHF. L'assurance verse 1'500 CHF. Si votre prime de 1'100 CHF augmente de 30 % pendant trois ans, la majoration coûte 990 CHF. Le gain net tombe à 510 CHF — pour un dossier, une expertise et un contrat qui reste marqué.
En dessous d'un certain montant, payer soi-même est mathématiquement gagnant. Le seuil dépend de votre franchise, de votre prime et de la majoration prévue au contrat. Le module de comparaison ci-dessus le calcule sur vos chiffres plutôt que sur une moyenne.
Un point de vigilance : cette arithmétique ne vaut que pour la casco. Un dommage causé à un tiers relève de la RC et doit être annoncé, quel qu'en soit le montant.
Bonus et malus : chaque assureur son échelle
Le système suisse de bonus-malus a été déréglementé. Il n'existe plus d'échelle officielle commune : chaque assureur définit ses degrés, ses pourcentages et sa vitesse de retour au bonus après un sinistre.
La conséquence est directe pour la comparaison. Deux contrats affichant le même « degré 30 » ne représentent pas la même chose, et le degré acquis chez un assureur n'est pas toujours repris à l'identique par le suivant. Demandez systématiquement, avant de changer, la reprise écrite de votre degré actuel.
Certains contrats proposent une protection du bonus moyennant supplément : un premier sinistre n'entraîne alors aucune majoration. Le calcul est le même que pour la franchise — le supplément annuel se compare à la majoration évitée, pondérée par la probabilité d'un sinistre.
Quand la casco complète cesse d'avoir un sens
L'indemnité en cas de perte totale est plafonnée à la valeur vénale du véhicule au jour du sinistre, pas à son prix d'achat. Cette valeur chute vite : la dépréciation est la plus forte sur les trois premières années, puis se ralentit.
Le point de bascule arrive quand la prime annuelle de casco complète devient disproportionnée par rapport à ce que l'assurance verserait au maximum. Payer 900 CHF par an pour couvrir un véhicule dont la valeur vénale est tombée à 4'000 CHF revient à assurer, sur cinq ans, davantage que le bien lui-même.
Basculer en casco partielle conserve la couverture des risques les plus coûteux et sans faute — vol, incendie, grêle — pour une fraction de la prime. Le simulateur de budget mensuel permet de voir ce que cet arbitrage libère sur l'année.
Calculateurs liés