Le taux de conversion légal de 6,8 % est le chiffre le plus cité et le plus mal compris du 2e pilier. Il ne s'applique pas à votre capital : il s'applique à la part obligatoire de votre capital.
Pour un cadre dont l'avoir est majoritairement surobligatoire, le taux réellement appliqué peut descendre à 5 % ou moins, en toute légalité.
Obligatoire et surobligatoire : où passe la frontière
La loi ne rend obligatoire l'assurance que sur une tranche de salaire, le salaire coordonné. Il se calcule en trois temps :
Un salaire annuel doit d'abord dépasser le seuil d'entrée de 22'680 CHF pour ouvrir l'assurance obligatoire. On en retranche ensuite la déduction de coordination de 26'460 CHF, censée représenter la part déjà couverte par l'AVS. Le résultat est enfin plafonné à 64'260 CHF, avec un minimum de 3'780 CHF.
Tout ce que la caisse assure au-delà de cette tranche — et beaucoup de caisses assurent le salaire entier — constitue la part surobligatoire. Elle n'est soumise ni au taux de conversion minimum, ni au taux d'intérêt minimum que le Conseil fédéral fixe chaque année.
Le calculateur ci-dessus reconstitue le salaire coordonné à partir de votre salaire brut, ce qui donne l'ordre de grandeur de la part obligatoire que vous accumulez chaque année.
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Mieux gérer son argent en Suisse
La caisse enveloppante et son taux unique
La majorité des caisses suisses sont dites enveloppantes : elles assurent ensemble l'obligatoire et le surobligatoire, et appliquent un taux de conversion unique à la totalité du capital.
Ce taux global est aujourd'hui souvent compris entre 5 % et 6 %, très en dessous du minimum légal. Ce n'est pas une irrégularité : le minimum ne vaut que pour l'obligatoire, et rien n'oblige une caisse à appliquer 6,8 % au reste.
Un mécanisme protège malgré tout l'assuré, le calcul comparatif. La caisse compare la rente issue de son taux global appliqué à l'ensemble du capital avec celle qu'aurait produite le minimum légal sur la seule part obligatoire, et verse la plus élevée des deux.
Le résultat pratique est important à saisir : plus votre avoir est majoritairement obligatoire, plus le minimum légal vous protège ; plus il est surobligatoire, moins il pèse. Un assuré à haut salaire est donc paradoxalement moins protégé qu'un assuré à salaire moyen.
Ce qu'un point de taux représente
Sur un avoir de 500'000 CHF, chaque dixième de point de taux de conversion vaut 500 CHF de rente annuelle, soit environ 42 CHF par mois — à vie. Passer de 6,8 % à 5,4 % coûte 7'000 CHF par an, plus de 580 CHF par mois.
C'est la raison pour laquelle le taux de conversion figurant sur votre certificat de prévoyance mérite autant d'attention que le montant du capital lui-même. Le simulateur de rente LPP projette le capital, cette page traduit le capital en rente.
Ce que vous pouvez faire, et ce que vous ne pouvez pas
Le taux de conversion n'est pas négociable : il relève du règlement de la caisse, lui-même lié à votre employeur. Trois marges de manœuvre restent ouvertes.
Le rachat. Verser du capital supplémentaire augmente la rente au taux de la caisse — donc à 5,4 % si c'est son taux, pas à 6,8 %. Le calculateur de rachat LPP montre que l'intérêt d'un rachat tient surtout à la déduction fiscale immédiate, pas au rendement de la rente.
L'arbitrage capital ou rente. Un taux global de 5 % signifie qu'il faut vingt ans de rente pour récupérer son capital, sans rendement. La rente garde l'avantage de la longévité et de la sécurité ; le capital celui de la transmission. Le comparateur capital ou rente chiffre les deux options.
Le 3e pilier. Un taux de conversion bas rend l'épargne libre relativement plus attractive, puisque le capital y reste à vous. Le calculateur de pilier 3a et le comparatif ETF et 3a traitent cet arbitrage.
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