Le barème vaudois tient en dix-neuf tranches, d’un taux de 1 % sur les premiers 1’600 CHF à 15,5 % au-delà de 291’700 CHF. Ces pourcentages ne sont pas ce que vous payez : ils donnent l’impôt de base, un chiffre intermédiaire que le canton multiplie ensuite par 155 % et la commune par son propre coefficient. Le montant final dépend ainsi du domicile, du ménage et des réductions applicables.
Le barème 2026, tranche par tranche
Chaque tranche s’applique uniquement à la part de revenu qu’elle couvre. Un contribuable rangé dans une catégorie supérieure bénéficie des taux des catégories inférieures pour les tranches correspondantes.
| Tranche de revenu imposable | Taux de base |
|---|---|
| 1 à 1’600 CHF | 1 % |
| 1’601 à 3’400 CHF | 2 % |
| 3’401 à 5’100 CHF | 3 % |
| 5’101 à 8’300 CHF | 4 % |
| 8’301 à 11’900 CHF | 5 % |
| 11’901 à 15’100 CHF | 6 % |
| 15’101 à 23’600 CHF | 7 % |
| 23’601 à 40’500 CHF | 8 % |
| 40’501 à 57’200 CHF | 9 % |
| 57’201 à 74’400 CHF | 10 % |
| 74’401 à 91’200 CHF | 11 % |
| 91’201 à 108’100 CHF | 12 % |
| 108’101 à 135’000 CHF | 12,5 % |
| 135’001 à 162’000 CHF | 13 % |
| 162’001 à 192’500 CHF | 13,5 % |
| 192’501 à 223’000 CHF | 14 % |
| 223’001 à 256’000 CHF | 14,5 % |
| 256’001 à 291’700 CHF | 15 % |
| Au-delà de 291’700 CHF | 15,5 % |
Les montants entre lesquels les tranches basculent sont indexés chaque année pour compenser la progression à froid : ceux du tableau valent pour la période fiscale 2026.
Une chose saute aux yeux quand on lit le barème en entier : la progression se tasse nettement à partir de 108’000 CHF. Entre 91’201 et 108’100 CHF, chaque franc supplémentaire coûte 12 % d’impôt de base ; au-delà de 291’700 CHF, il en coûte 15,5 %. L’écart de taux marginal entre un revenu de 100’000 CHF et un revenu de 400’000 CHF n’est que de 3,5 points d’impôt de base.
Les deux coefficients, et pourquoi ils comptent plus que le barème
L’impôt de base n’est jamais ce que vous payez. Deux multiplicateurs s’y appliquent, sur la même assiette :
Le coefficient cantonal, fixé chaque année par la loi annuelle d’impôt. Pour 2026, il est de 155 % de l’impôt de base. Pour un impôt de base sur le revenu de 10’000 CHF, la réduction de 5 % en 2026 donne 9’500 × 155 % = 14’725 CHF d’impôt cantonal, avant autres ajustements éventuels.
Le coefficient communal, voté par chaque conseil communal à l’automne pour l’année suivante. Il s’exprime lui aussi en pourcentage du même impôt de base, et il varie du simple au double d’un bout à l’autre du canton.
Ces deux coefficients s’additionnent dans leur effet. Le taux réellement supporté par un contribuable est donc le taux du barème multiplié par la somme des deux coefficients — un mécanisme qui donne à la commune un poids comparable à celui du canton dans votre facture finale.
À cela s’ajoute une réduction que peu de gens connaissent : la loi vaudoise sur la réduction de l’impôt cantonal abaisse l’impôt cantonal de base sur le revenu des personnes physiques de 5 % pour l’année fiscale 2026, contre 4 % en 2025. Elle intervient avant l’application du coefficient cantonal, et ne concerne ni l’impôt communal ni l’impôt fédéral direct.
L’impôt communal vaudois, commune par commune
Pour comparer Lausanne, Lutry ou une autre commune, utilisez les coefficients votés pour la même année fiscale et le même profil. Les anciennes estimations à partir de taux moyens et de coefficients 2025 ne constituent pas un calcul 2026 reproductible.
Le comparateur de communes fournit une estimation ; contrôlez les coefficients et le résultat auprès de l’administration avant une décision de domicile.
Une commune vote un coefficient élevé pour trois raisons principales : elle porte des charges scolaires ou sociales lourdes par rapport à sa population, sa base fiscale par habitant est faible, ou elle finance un investissement — un collège, une station d’épuration, une salle de sport. Un coefficient bas signale généralement une commune dont l’assiette fiscale par habitant est élevée, pas nécessairement une commune mieux gérée.
Le raccourci à éviter : les communes de l’arc lémanique à coefficient bas sont aussi celles où le mètre carré coûte le plus cher. La carte des prix au m² montre où l’économie d’impôt est reprise par le logement.
Le quotient familial, la vraie particularité vaudoise
La plupart des cantons appliquent un barème distinct pour les couples mariés. Vaud fait autrement : il divise le revenu imposable par un nombre de parts pour déterminer le taux applicable, puis applique ce taux au revenu entier.
| Situation | Parts |
|---|---|
| Célibataire, veuf, divorcé, imposé séparément | 1 |
| Époux vivant en ménage commun | 1,8 |
| Parent seul tenant un ménage indépendant avec un enfant à charge | 1,3 |
| Par enfant mineur, en apprentissage ou aux études | 0,5 |
Un couple marié avec deux enfants totalise 2,8 parts. Sur un revenu imposable de 140’000 CHF, le taux est cherché à 50’000 CHF — donc dans la tranche à 9 % au lieu de la tranche à 13 %. L’impôt s’applique ensuite aux 140’000 CHF entiers, mais au taux correspondant à 50’000 CHF.
L’avantage est réel, et il est plafonné. La réduction du revenu déterminant obtenue par la part de 0,5 par enfant ne peut pas dépasser celle obtenue pour un enfant au niveau de 212’900 CHF de revenu imposable, montant relevé de 23’600 CHF par enfant supplémentaire. Au-delà de ce seuil, un enfant de plus ne fait plus baisser le taux.
Le quotient explique aussi pourquoi la comparaison entre mariage et concubinage n’a pas de réponse unique dans le canton. Quand un seul conjoint gagne l’essentiel du revenu, les 1,8 parts font mécaniquement chuter le taux et le mariage est avantageux. Quand deux conjoints gagnent chacun 90’000 CHF, additionner les revenus pour ne diviser que par 1,8 coûte plus cher que deux taxations séparées à 1 part chacune. Le comparatif mariés contre concubins explique les paramètres à garder identiques.
Deux plafonds que la loi impose
La loi vaudoise sur les impôts communaux fixe des limites absolues que le cumul cantonal et communal ne peut pas franchir : 30 % pour l’impôt sur le revenu et 10 ‰ pour l’impôt sur la fortune. Ces plafonds jouent rarement pour un salarié, mais ils protègent les contribuables domiciliés dans les communes aux coefficients les plus élevés.
Un second plafond, plus connu, vise le cumul revenu et fortune : l’ensemble ne peut pas dépasser 60 % du revenu net, un rendement minimum de la fortune étant présumé. C’est le bouclier fiscal vaudois, qui concerne surtout les propriétaires retraités et les détenteurs d’un patrimoine peu productif. Le calculateur de bouclier fiscal détermine si vous êtes concerné.
Baisse actuelle et votation du 27 septembre 2026
La réduction de l’impôt cantonal sur le revenu est de 4 % pour 2025 et 5 % pour 2026. La loi prévoit 7 % dès 2027. Ces pourcentages ne s’appliquent pas à toute la facture incluant la commune et l’IFD.
L’initiative dite « 12 % » sera votée le 27 septembre 2026. Au 19 septembre, son résultat n’est pas connu. Elle vise le revenu et la fortune dès 2027 ; aucun cumul automatique avec la baisse déjà prévue ne doit être anticipé. Source : Conseil d’État vaudois, 24 juin 2026.
Ce qu’il faut retenir
- Le barème vaudois va de 1 % à 15,5 % d’impôt de base, et la progression se tasse fortement au-dessus de 108’000 CHF de revenu imposable.
- L’impôt de base est multiplié par le coefficient cantonal de 155 % (2026) et par le coefficient de votre commune, qui s’ajoutent l’un à l’autre.
- L’impôt cantonal de base sur le revenu est réduit de 5 % en 2026 par la LRIPP.
- Le quotient familial divise le revenu par 1, 1,8 ou 1,3 part, plus 0,5 par enfant, pour déterminer le taux — un mécanisme propre à Vaud, plafonné au-delà de 212’900 CHF.
- Cantonal et communal réunis ne peuvent excéder 30 % du revenu ni 10 ‰ de la fortune.
Le calculateur d’impôt vaudois applique ces règles sous forme simplifiée et donne un ordre de grandeur en quelques secondes ; l’Administration cantonale des impôts reste seule compétente pour le montant exact.
Sources officielles complémentaires : Administration vaudoise — document de référence.