Vous travaillez en Suisse avec un permis B ou L et votre employeur retient l’impôt sur votre salaire. Vérifiez d’abord le barème, les revenus pris en compte et votre situation familiale. La démarche à suivre change selon que vous corrigez la retenue ou demandez des déductions supplémentaires.
Qui est imposé à la source — et qui ne l’est plus
L’impôt à la source concerne les travailleurs étrangers qui n’ont pas le permis d’établissement C. (Source : LIFD, art. 83-84)
Soumis à l’impôt à la source :
- Permis B (séjour annuel)
- Permis L (court séjour)
- Frontaliers (selon conventions cantonales)
Non soumis :
- Permis C (établissement) → taxation ordinaire automatique
- Nationalité suisse → taxation ordinaire
Le jour où vous obtenez votre permis C, vous basculez vers la déclaration d’impôts classique. Ce changement est automatique — vous n’avez pas de démarche à faire. Mais attention : la première déclaration après le passage au permis C peut réserver des surprises, surtout si vos déductions réelles sont supérieures à ce que le barème source couvrait forfaitairement.
Bon à savoir : les frontaliers ont un régime spécifique qui varie par canton. À Genève (GE), les frontaliers sont imposés à la source en Suisse. Dans le canton de Vaud (VD), ceux résidant en France et travaillant en VD sont imposés en France (sauf exceptions). Les règles dépendent de conventions bilatérales — vérifiez votre situation.
Les barèmes A, B, C, H : lequel s’applique à vous
Le montant prélevé chaque mois dépend du barème qui vous est attribué. Il en existe quatre principaux. (Source : AFC, ordonnance impôt à la source 2026)
| Barème | Situation | Qui est concerné |
|---|---|---|
| A | Célibataire, sans enfant | Personne seule, divorcée ou séparée sans enfant à charge |
| B | Marié, un seul revenu | Couple dont un seul conjoint exerce une activité lucrative |
| C | Marié, deux revenus | Couple dont les deux conjoints ont un revenu |
| H | Monoparental | Parent seul avec au moins un enfant à charge |
Le barème dépend de votre situation effective, y compris l’activité du conjoint à l’étranger. Une lettre de barème ne suffit pas à comparer deux ménages.
Le revenu théorique du conjoint à Genève
En 2026, Genève retient un revenu théorique égal au salaire du contribuable, limité à 70’500 CHF par an. Pour un salaire de 60’000 CHF, le revenu théorique est donc 60’000 CHF. Pour un salaire de 90’000 CHF, il est de 70’500 CHF. Il sert à déterminer le taux appliqué au salaire imposé.
La DRIS permet ensuite de prendre en compte le revenu réel du conjoint. Un barème de perception ajusté peut aussi être demandé pendant l’année. Ces règles genevoises ne constituent pas un barème vaudois. Source : AFC Genève, fonctionnement du barème C.
Comparer les barèmes cantonaux
Pour connaître la retenue, utilisez le barème officiel de l’année avec le salaire déterminant, la périodicité, le code familial et les charges d’enfants. Les barèmes à la source comprennent une composante communale moyenne : on ne leur applique pas directement le coefficient de la commune de domicile comme en taxation ordinaire.
Les anciens montants arrondis par chef-lieu ne permettent pas cette vérification. Comparez la fiche de salaire au barème officiel du canton concerné, puis distinguez ce prélèvement de l’impôt final en cas de TOU.
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Rectification : corriger la retenue
À Genève, la DRIS sert à contester le salaire, le barème ou le taux, à déclarer le revenu réel du conjoint au barème C ou à corriger certaines charges de famille. Le formulaire doit parvenir dans le délai légal, normalement le 31 mars de l’année suivante.
Depuis 2021, les versements 3a, rachats LPP et autres frais effectifs supplémentaires relèvent de la TOU, sous conditions. Une rectification peut produire un remboursement ou un complément. Source : motifs de DRIS à Genève.
TOU : établir l’impôt final par une déclaration
La TOU établit l’impôt à partir d’une déclaration d’impôts classique. L’employeur continue la retenue à la source, qui est imputée sur la taxation finale.
Résident en Suisse : la TOU est notamment obligatoire dès 120’000 CHF bruts annuels soumis à la source, ou en présence d’autres revenus ou d’une fortune selon les règles cantonales. Sous ce seuil, une demande reste possible. Une fois commencée, la TOU se poursuit les années suivantes tant que l’assujettissement concerné subsiste.
Non-résident : le seuil salarial de 120’000 CHF ne déclenche pas à lui seul une TOU obligatoire. La demande annuelle suppose notamment la quasi-résidence, soit au moins 90 % des revenus bruts mondiaux du ménage imposables en Suisse, ou un autre cas admis.
Les versements au pilier 3a, les rachats LPP et les frais de garde peuvent entrer dans les déductions admises. Ils ne garantissent aucun remboursement : les revenus et la fortune à déclarer, les déductions et la commune peuvent aussi augmenter l’impôt. Source : règles de TOU genevoises.
Frontaliers et réformes
Dans les huit cantons couverts par l’accord franco-suisse de 1983, dont Vaud, l’imposition en France dépend du respect des conditions du régime frontalier. À Genève, le régime CDI prévoit depuis 2026 jusqu’à 40 % de télétravail annuel depuis la France sans déplacer le droit d’imposer le salaire. Un dépassement entraîne une répartition des jours concernés, pas automatiquement l’imposition de tout le salaire en France. Voir les accords applicables au télétravail.
L’imposition individuelle entrera en vigueur le 1er janvier 2032. Les barèmes de couple actuels restent applicables en 2026. Source : décision du Conseil fédéral du 19 août 2026.
3 erreurs qui coûtent cher aux sourciers
Erreur 1 : ne jamais vérifier son barème. Votre employeur transmet votre situation à l’administration, mais les erreurs existent. Un changement d’état civil non signalé, un enfant né en cours d’année, un conjoint qui a commencé à travailler : tout cela modifie votre barème. Vérifiez votre fiche de salaire chaque janvier.
Erreur 2 : ignorer la TOU quand on a des déductions. Le barème source inclut un forfait pour les frais courants. Mais si vous versez le maximum au pilier 3a (7’258 CHF), si vous avez des frais de formation ou des frais de garde d’enfants, ce forfait ne suffit pas. La TOU permet de demander les déductions admises, dans leurs limites légales.
Erreur 3 : rater le 31 mars. C’est la date limite pour la rectification ET pour la demande de TOU. Passé le 31 mars, vous ne pouvez plus corriger votre imposition de l’année précédente. Mettez un rappel dans votre calendrier en février.
Ce qu’il faut retenir
- Vérifiez votre barème et signalez les changements de famille ou d’activité du conjoint.
- La rectification corrige la retenue ; les déductions supplémentaires passent par la TOU.
- Distinguez les résidents des non-résidents avant d’appliquer le seuil de 120’000 CHF ou la règle des 90 %.
- Comparez l’impôt final avant la demande, généralement due au 31 mars suivant l’année fiscale.
- Utilisez le barème cantonal de la bonne année. Le plafond genevois du barème C ne vaut pas pour toute la Suisse.