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finance | Publié le 20 décembre 2025 · Mis à jour le 27 mars 2026

L'inflation en Suisse : historique, impact et comparaison européenne

0.2 % en 2025 contre 6 % dans la zone euro en 2023 : pourquoi l'inflation suisse reste basse et comment elle affecte votre budget.

Entre décembre 2020 et fin 2025, les prix en Suisse ont augmenté de 7.2 %. Ça paraît modeste — jusqu’à ce qu’on le traduise en francs. Pour un ménage avec 8’000 CHF de dépenses mensuelles, c’est 576 CHF de plus par mois pour maintenir le même niveau de vie. Pendant ce temps, la zone euro encaissait une hausse cumulée de plus de 20 %. La Suisse est un îlot de stabilité des prix. Mais même ici, l’inflation grignote.

L’inflation suisse en chiffres : 1990-2025

L’indice des prix à la consommation (IPC) mesure l’évolution du coût d’un panier de biens et services représentatif de la consommation des ménages suisses. Voici l’évolution sur 35 ans. (Source : OFS, IPC)

PériodeInflation annuelle moyenneContexte
1990-19953.3 %Surchauffe immobilière, crise des années 90
1996-20000.7 %Stabilisation, politique BNS restrictive
2001-20050.8 %Faible inflation mondiale
2006-20101.0 %Crise financière 2008, brève déflation en 2009
2011-2015−0.3 %Déflation — franc fort après abandon du taux plancher (2015)
2016-20200.2 %Inflation quasi nulle, taux négatifs BNS
20210.6 %Début de reprise post-COVID
20222.8 %Pic — énergie, chaînes d’approvisionnement
20232.1 %Décrue progressive
20241.1 %Retour vers la cible BNS
20250.2 %Stabilité retrouvée

La moyenne historique depuis 1990 : environ 1.0 % par an. La Suisse a connu des périodes de déflation (2011-2015) — un phénomène rare dans les pays développés. Le pic de 2022 à 2.8 % était le plus haut depuis 1993.

Suisse vs zone euro : un monde d’écart

Pendant la crise inflationniste de 2022-2023, l’écart entre la Suisse et ses voisins a atteint des niveaux spectaculaires.

AnnéeSuisse (IPC)Zone euro (IPCH)AllemagneFrance
20210.6 %2.6 %3.2 %2.1 %
20222.8 %8.4 %8.7 %5.9 %
20232.1 %5.4 %5.9 %4.9 %
20241.1 %2.4 %2.2 %2.0 %
20250.2 %~2.0 %~1.8 %~1.5 %

(Source : OFS ; Eurostat)

En 2022, la zone euro affichait 8.4 % d’inflation — trois fois le niveau suisse. Cumulé sur 2021-2025, les prix ont augmenté de ~20 % dans la zone euro contre ~7 % en Suisse. Un ménage qui dépense l’équivalent de 5’000 EUR par mois dans la zone euro paie 1’000 EUR de plus en 2025 qu’en 2020. Le ménage suisse équivalent paie ~360 CHF de plus.

Pourquoi cette différence

Le franc fort. Le CHF s’est apprécié de 15 à 20 % face à l’euro entre 2020 et 2025. Les importations suisses — alimentation, énergie, biens de consommation — sont devenues moins chères en francs. Un produit qui coûte 10 EUR en Allemagne coûtait 10.75 CHF en 2020 mais seulement ~9.30 CHF en 2025.

Le mix énergétique. La Suisse produit environ 60 % de son électricité à partir de l’hydraulique et 30 % du nucléaire. Sa dépendance au gaz naturel est bien inférieure à celle de l’Allemagne ou de l’Italie. Le choc gazier de 2022 a moins frappé les ménages suisses.

La BNS. La Banque nationale suisse a réagi plus tôt et plus fermement que la BCE. Les taux directeurs ont été relevés dès juin 2022. L’inflation n’a jamais dépassé 3 %, permettant à la BNS de desserrer sa politique plus rapidement.

Ce qui a vraiment augmenté : au-delà du chiffre moyen

L’IPC est une moyenne pondérée. Certains postes ont explosé pendant que d’autres restaient stables. Voici les évolutions réelles 2020-2025 pour les principaux postes de dépense. (Source : OFS, IPC par catégorie)

Poste de dépenseÉvolution 2020-2025Impact sur un ménage moyen
Primes LAMal+30 à 35 %+100 à 150 CHF/mois par adulte
Énergie (électricité, chauffage)+20 à 40 %+50 à 100 CHF/mois
Alimentation+10 à 15 %+60 à 90 CHF/mois
Transport public+5 à 8 %+10 à 20 CHF/mois
Loyers+5 à 8 %+50 à 100 CHF/mois
Habillement−5 à 0 %Stable ou en baisse
Électronique, télécom−10 à −5 %En baisse

Le fait que l’IPC officiel affiche « seulement » 7.2 % masque la réalité ressentie par les ménages. Les primes d’assurance maladie — poste le plus douloureux — ont augmenté de plus de 30 % en 5 ans. Un ménage qui payait 800 CHF/mois en 2020 paie plus de 1’040 CHF en 2025. Ce poste seul représente 240 CHF/mois de hausse.

Bon à savoir : les primes LAMal ne sont pas incluses dans l’IPC suisse. L’OFS les traite comme un « transfert obligatoire », pas comme une dépense de consommation. Si elles étaient incluses, l’inflation ressentie par les ménages serait sensiblement plus élevée que les chiffres officiels.

Impact sur l’épargne et la prévoyance

L’épargne liquide perd du pouvoir d’achat

Un compte d’épargne rapporte 0.5 à 1 % d’intérêt brut en 2025. Après impôt sur le revenu (les intérêts sont imposables), le rendement net tombe à 0.3-0.7 %. Avec une inflation même de 0.5 %, le rendement réel est proche de zéro.

100’000 CHF laissés sur un compte épargne pendant 10 ans à 0.5 % réel perdent environ 5’000 CHF de pouvoir d’achat. En période d’inflation plus forte (2 %), la perte dépasse 18’000 CHF. Garder trop de liquidités est un coût invisible mais réel.

Les rentes AVS : indexation partielle

Les rentes AVS sont ajustées tous les 2 ans selon un indice mixte (50 % salaires + 50 % prix). La dernière adaptation a eu lieu en janvier 2025. Ce mécanisme protège partiellement les retraités — mais avec un décalage. Pendant les périodes de forte inflation, les retraités subissent 1 à 2 ans de perte de pouvoir d’achat avant la prochaine adaptation.

Les rentes LPP : pas d’indexation automatique

La LPP obligatoire n’a aucune indexation automatique. Le Conseil fédéral peut décider d’une adaptation, mais ça reste exceptionnel. En pratique, les rentes LPP perdent du pouvoir d’achat chaque année. Un retraité avec 2’500 CHF/mois de rente LPP en 2015 a perdu environ 250 CHF/mois de pouvoir d’achat en 10 ans (inflation cumulée ~10 %). Sa rente est restée à 2’500 CHF, mais il faut 2’750 CHF en 2025 pour acheter la même chose.

Le pilier 3a : la meilleure protection

Le pilier 3a investi en fonds actions a rapporté en moyenne 4 à 6 % par an sur 20 ans — bien au-dessus de l’inflation. Même après les frais de gestion (0.5 à 1 %), le rendement réel reste positif. C’est le meilleur outil accessible à un résident suisse pour protéger son épargne de l’érosion inflationniste.

Ce qu’il faut retenir

  1. L’inflation suisse en 2025 est de 0.2 % — parmi les plus basses au monde, après un pic à 2.8 % en 2022
  2. La zone euro a subi 3× plus d’inflation que la Suisse entre 2020 et 2025 — le franc fort et le mix énergétique protègent
  3. Les primes LAMal ont augmenté de 30 %+ en 5 ans — le poste qui pèse le plus, et il n’est même pas dans l’IPC officiel
  4. Les rentes LPP ne sont pas indexées — chaque année d’inflation réduit leur pouvoir d’achat réel
  5. L’épargne sur compte rapporte moins que l’inflation dans beaucoup de scénarios — le pilier 3a en fonds actions reste la meilleure protection

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Questions fréquentes

Quel est le taux d'inflation en Suisse en 2025 ?
Le taux d'inflation moyen en Suisse en 2025 est de 0.2 %, soit un niveau très bas par rapport aux standards historiques et internationaux. Après le pic de 2.8 % en 2022 (conséquence de la crise énergétique post-COVID et de la guerre en Ukraine), l'inflation suisse est redescendue rapidement : 2.1 % en 2023, 1.1 % en 2024, puis 0.2 % en 2025. Cette stabilité est le résultat de la politique monétaire de la BNS et du franc fort, qui réduit le coût des importations. (Source : OFS, IPC 2025)
Pourquoi l'inflation est-elle plus basse en Suisse qu'en Europe ?
Trois facteurs principaux. (1) Le franc fort : la monnaie suisse s'est appréciée de 15 à 20 % face à l'euro entre 2020 et 2025, rendant les importations moins chères. (2) Le mix énergétique : la Suisse produit ~60 % de son électricité à partir de l'hydraulique, moins exposée aux chocs gaziers que ses voisins. (3) La politique de la BNS : la Banque nationale suisse a relevé ses taux plus tôt et les a maintenus moins longtemps que la BCE, grâce à une inflation plus contenue dès le départ. En 2023, quand la zone euro affichait 5.4 % d'inflation, la Suisse était à 2.1 %. (Source : OFS ; BNS ; Eurostat)
Comment l'inflation affecte-t-elle le budget d'un ménage suisse ?
Même à 1-2 % par an, l'inflation érode le pouvoir d'achat. Les postes les plus touchés entre 2020 et 2025 : les primes d'assurance maladie (+30 % en 5 ans), l'énergie (+20 à 40 % selon le fournisseur), l'alimentation (+10 à 15 %). Les loyers ont augmenté plus modérément (+5 à 8 %) grâce au taux de référence hypothécaire qui freine les hausses. Un ménage suisse moyen dépense environ 750 CHF de plus par mois en 2025 qu'en 2020 pour le même niveau de vie — malgré un IPC officiel qui n'a augmenté que de 7.2 %. (Source : OFS, IPC ; OFSP, primes LAMal)
L'épargne est-elle protégée de l'inflation en Suisse ?
Non, pas automatiquement. Un compte d'épargne rapporte 0.5 à 1 % d'intérêt brut en 2025. Avec une inflation même faible (0.2 %) et l'impôt sur les intérêts (imposés comme revenu), le rendement réel net est proche de zéro ou légèrement positif. Pendant les années de forte inflation (2022-2023), l'épargne perdait du pouvoir d'achat. Les solutions : le pilier 3a en fonds actions (rendement historique 4-6 % par an), les ETF, ou l'immobilier. Les obligations et comptes épargne sont des protections insuffisantes quand l'inflation dépasse 1.5 %. (Source : BNS ; analyses financières)
Les rentes AVS et LPP sont-elles indexées sur l'inflation ?
Partiellement. Les rentes AVS sont adaptées tous les 2 ans selon un indice mixte (50 % évolution des salaires + 50 % évolution des prix). La dernière adaptation a eu lieu en janvier 2025. La LPP obligatoire n'a pas d'indexation automatique — c'est une décision du Conseil fédéral ou de la caisse de pension. En pratique, les rentes LPP perdent régulièrement du pouvoir d'achat. Un retraité avec 2'000 CHF/mois de rente LPP non indexée perd environ 200 CHF de pouvoir d'achat sur 10 ans à 1 % d'inflation annuelle. (Source : OFAS ; LAVS)
Dany Santos Grilo, fondateur de Calcul Suisse

Dany Santos Grilo

Fondateur de Calcul Suisse · Maturité en économie · Lausanne

Maturité gymnasiale en économie Entrepreneur depuis 2020 Comptabilité et fiscalité d'entrepreneur Gestion finance et trésorerie Développeur web et IA Fondateur d'ascense.ch

Données vérifiées manuellement à partir des sources officielles (OFAS, AFC, OFS). Contenu rédigé avec l'assistance de l'IA et relu avant publication.

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