Deux budgets sans rapport
Le mariage, au sens juridique, coûte quelques centaines de francs. La fête, ce que vous décidez. Confondre les deux fait passer à côté de l'essentiel : le premier a des effets qui durent des décennies, le second dure une journée.
La partie officielle se compose de deux émoluments. Celui de la procédure préparatoire, par laquelle l'office de l'état civil vérifie que les conditions du mariage sont remplies. Et celui de la célébration, majoré lorsqu'elle a lieu hors des locaux officiels ou en dehors des heures ordinaires. Les montants sont cantonaux, publiés, et se demandent d'un appel.
Tout le reste est un choix, et aucune statistique officielle ne mesure ce que les couples y consacrent. Les moyennes qui circulent viennent de prestataires ou de sondages commerciaux, qui ont un intérêt évident dans le chiffre.
Le nombre d'invités commande tout
C'est la seule variable qui vaille la peine d'être arbitrée en premier, parce qu'elle entraîne mécaniquement le reste.
Elle détermine le traiteur, poste le plus lourd de la quasi-totalité des budgets. Elle détermine le lieu, dont le prix suit par paliers de capacité. Elle détermine la logistique — tables, chaises, vaisselle, personnel de service.
Réduire la liste de vingt personnes coûte une conversation désagréable et économise plusieurs milliers de francs. Négocier chaque poste à liste constante coûte des semaines et économise beaucoup moins. Le calculateur ci-dessus sépare la part variable de la part fixe, pour rendre l'arbitrage visible.
Ce que le mariage change vraiment
Voilà le budget qui compte, et il ne figure sur aucune liste de préparatifs.
Les impôts
Les revenus des époux sont additionnés et imposés ensemble, avec un barème atténué destiné à compenser la progressivité. La compensation est partielle.
Pour deux revenus comparables et élevés, l'addition l'emporte sur l'atténuation : c'est la « pénalisation du mariage », et elle peut représenter plusieurs milliers de francs par an. Pour un couple à revenu unique ou très inégal, le mariage réduit l'impôt, parfois nettement. Le guide comparant mariés et concubins chiffre les deux cas.
Un détail de calendrier compte : l'état civil au 31 décembre détermine le régime de toute l'année. Se marier le 30 décembre ou le 2 janvier change l'imposition de l'année entière.
La prévoyance
C'est l'effet le plus important et le moins discuté. Le conjoint acquiert un droit à la rente de veuf ou de veuve AVS et aux prestations de survivants de la LPP — auxquelles un concubin n'a droit que sous conditions strictes, et seulement si le règlement de la caisse le prévoit.
Il devient héritier légal avec une réserve, là où un concubin ne reçoit rien sans testament. Et les revenus des années de mariage font l'objet du splitting AVS en cas de divorce, ce qui protège celui qui a réduit son activité.
Le guide de la prévoyance des concubins montre l'envers du décor, et l'écart est considérable.
Les subsides et prestations
Les primes d'assurance maladie restent individuelles, mais le subside se calcule sur le revenu du ménage. Marier deux revenus modestes peut faire perdre un subside que chacun percevait séparément — un effet de seuil que le calculateur de subsides permet de vérifier avant la date.
Le régime matrimonial
À défaut de contrat, le régime légal est la participation aux acquêts. Chacun conserve ses biens propres — ce qu'il possédait avant le mariage, ce qu'il a reçu par succession ou donation — et les acquêts réalisés pendant le mariage se partagent par moitié à la dissolution.
C'est un régime équilibré qui convient à la majorité des situations. Un contrat de mariage s'impose dans trois cas : la présence d'une entreprise, dont la valorisation à la dissolution peut menacer l'exploitation ; un patrimoine préexistant important, dont il faut documenter le caractère propre ; et une famille recomposée, où l'articulation avec les enfants d'un premier lit demande d'être écrite.
Le contrat se passe devant notaire, et son coût est sans commune mesure avec ce qu'il évite.
Trois arbitrages qui déplacent le budget
La date. Un samedi de haute saison se paie nettement plus cher qu'un vendredi ou qu'un mois creux, pour le lieu comme pour les prestataires.
Le format. Un repas assis facturé au couvert coûte substantiellement plus qu'un buffet ou un apéritif dînatoire, à nombre d'invités égal.
La séparation civil et fête. Rien n'oblige à célébrer le même jour. Découpler permet de réduire la liste de la cérémonie civile — souvent limitée par la capacité de la salle — et de choisir librement la date de la fête.
Un dernier point, budgétaire celui-là : un mariage financé à crédit reste à rembourser longtemps après. Le calculateur d'objectif d'épargne donne le nombre de mois nécessaires pour l'autofinancer, et le résultat ci-dessus l'affiche.