Un rachat de crédit qui fait baisser la mensualité de 520 à 380 CHF paraît être une bonne nouvelle. Il l'est rarement : dans la majorité des montages, la mensualité baisse parce que la durée s'allonge, et le coût total augmente.
Le calculateur ci-dessus compare les deux scénarios sur ce qui compte — le total des intérêts et frais restant à payer — plutôt que sur le chiffre que le vendeur met en avant.
Les trois cas de figure
Le taux baisse, la durée ne bouge pas. C'est le seul rachat franchement gagnant. Il suppose que votre situation se soit améliorée depuis le premier contrat : fin d'une période d'essai, hausse de revenu, disparition d'une inscription au registre des poursuites.
Le taux baisse, la durée s'allonge. Le cas le plus fréquent. Le gain de taux est mangé, puis dépassé, par les mensualités supplémentaires. La trésorerie mensuelle respire, le patrimoine se dégrade.
Le taux ne baisse pas. Un rachat qui se contente de regrouper à taux égal ou supérieur n'apporte qu'une simplicité administrative, payée au prix fort. C'est le montage que proposent le plus souvent les intermédiaires rémunérés à la commission.
Ce que la loi impose au nouveau prêteur
Un rachat reste un crédit à la consommation. Le nouveau prêteur doit donc refaire l'examen de la capacité de contracter un crédit, en tenant compte des sommes non encore remboursées sur les crédits existants — et sur une base d'amortissement de 36 mois, quelle que soit la durée du nouveau contrat.
Cette règle a une conséquence que les emprunteurs découvrent souvent avec surprise : un rachat qui n'améliore pas la capacité de remboursement ne peut pas être accordé légalement, même s'il abaisse la mensualité. Le calculateur de capacité de remboursement donne le plafond applicable à votre ménage.
Le plafond de taux s'applique aussi. Depuis le 1er janvier 2026, un crédit au comptant ne peut pas dépasser 10 % de TAEG. Un rachat proposé au-dessus, frais de dossier et assurance obligatoire compris, porte sur un contrat nul de plein droit — et le calcul du TAEG montre à quelle vitesse ces frais font franchir le seuil.
Le droit qui rend le rachat possible
Solder un crédit en cours pour le remplacer suppose de pouvoir en sortir. La loi le garantit : l'emprunteur a le droit de rembourser par anticipation, avec une réduction des intérêts correspondant à la durée non utilisée, et sans pénalité. Aucune clause contractuelle ne peut y déroger.
Ce droit mérite d'être exercé pour lui-même, indépendamment de tout rachat. Un emprunteur qui reçoit un bonus ou une rentrée exceptionnelle réduit le coût de son crédit bien plus sûrement en soldant une partie du capital qu'en cherchant un meilleur taux ailleurs.
Le cas du leasing, qui n'obéit pas aux mêmes règles
Un leasing n'est pas un prêt. Le véhicule appartient au bailleur, et la sortie anticipée entraîne une pénalité qui correspond souvent à l'écart entre la valeur de marché du véhicule et le solde résiduel du contrat.
Intégrer un leasing dans un rachat revient donc à financer cette pénalité en plus du capital, à un taux de crédit à la consommation. L'opération est presque toujours défavorable. Le calculateur de leasing chiffre le solde résiduel à un instant donné.
Quand ce n'est pas un problème de crédit
Un rachat traite un symptôme. Si les dettes se reconstituent après le regroupement — parce que le budget mensuel ne tient pas —, le rachat aura simplement transformé une situation difficile en situation durable.
Le guide du désendettement donne l'ordre de traitement des créanciers, et les services cantonaux de désendettement accompagnent gratuitement la négociation — contrairement aux intermédiaires privés, qui vendent un produit financier.