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Désendettement : par où commencer, dans quel ordre

Établir le minimum vital, geler les nouvelles dettes, hiérarchiser les créanciers : la méthode des services de désendettement suisses, étape par étape.

  • CatégorieFinance
  • Publié30 août 2026
  • Mis à jour19 septembre 2026
  • Lecture5 minutes
  • AuteurDany Santos Grilo
2 rappels rapides et importants
  • taux maximal du crédit au comptant : 10 % dès 2026
  • taux maximal du crédit par découvert : 12 % dès 2026
  1. Première étape : établir le minimum vital
  2. Deuxième étape : arrêter l’hémorragie
  3. Troisième étape : hiérarchiser les créanciers
  4. Quatrième étape : négocier, et se méfier du rachat
  5. Quand la négociation échoue
  6. Ce qu’il faut retenir
  7. Du budget à la procédure
  8. Réforme de l’assainissement : état au 19 septembre 2026
  9. Sources complémentaires

Une situation de surendettement se résout dans un ordre précis, et cet ordre n’est presque jamais celui que dicte l’urgence ressentie. Payer d’abord le créancier qui téléphone le plus souvent est la façon la plus sûre de perdre le contrôle.

La méthode qu’appliquent les services de désendettement suisses tient en quatre étapes.

Première étape : établir le minimum vital

Avant toute négociation, il faut savoir ce dont vous disposez réellement. Le minimum vital au sens de l’article 93 LP se calcule sur des postes précis : le loyer effectif, les primes d’assurance maladie, les frais professionnels, les contributions d’entretien versées, et un montant de base pour l’entretien du débiteur et de sa famille.

Tout ce qui dépasse ce montant est saisissable. Tout ce qui est en dessous est protégé.

Ce chiffre a deux usages. Il fixe le plafond de ce qu’un créancier peut obtenir par la voie de l’exécution forcée — donc le plafond réaliste de toute négociation. Et il révèle souvent que la capacité de remboursement supposée n’existe pas.

Le simulateur de budget mensuel permet de poser les chiffres. Attention à une erreur fréquente : le minimum vital de la poursuite n’est pas le budget de la vie réelle. Il ignore les abonnements, les loisirs, l’épargne et l’amortissement des dettes elles-mêmes.

Deuxième étape : arrêter l’hémorragie

Rien ne sert de négocier un plan si de nouvelles dettes se créent chaque mois.

Trois postes reviennent systématiquement. Les crédits renouvelables et cartes de crédit, dont le taux peut atteindre 12 % depuis 2026 et dont le remboursement minimum ne rembourse presque que les intérêts. Les primes d’assurance maladie impayées, qui déclenchent des poursuites et parfois une suspension de prise en charge. Et les impôts courants, dont l’arriéré porte intérêt moratoire — 4 % au niveau fédéral en 2026.

Sur ces trois postes, deux réflexes valent mieux que tout plan : vérifier son droit aux subsides LAMal, dont le seuil de revenu est plus haut que la plupart des gens ne le croient, et demander une révision des acomptes d’impôt quand le revenu a baissé.

Troisième étape : hiérarchiser les créanciers

L’ordre utile n’est pas celui des montants, c’est celui des conséquences.

Ce qui menace le logement ou la santé d’abord. Un arriéré de loyer conduit à une résiliation, un arriéré de primes à des complications d’accès aux soins. Ces deux dettes se traitent en priorité, quel que soit leur montant.

Ce qui coûte le plus cher ensuite. Une dette de carte de crédit à 12 % grossit deux à trois fois plus vite qu’un arriéré d’impôt à 4 %. À capacité de remboursement égale, éteindre la dette la plus chère fait gagner davantage que réduire la plus grosse.

Le reste en dernier, en particulier les créances déjà constatées par un acte de défaut de biens : elles ne portent pas d’intérêts, ne grossissent plus, et se prescrivent en principe par vingt ans, sous réserve d’interruption. Elles sont, paradoxalement, les moins urgentes.

Quatrième étape : négocier, et se méfier du rachat

La négociation d’un plan de paiement avec les créanciers réussit plus souvent qu’on ne l’imagine, parce qu’un créancier préfère un paiement partiel immédiat à une créance théorique. C’est particulièrement vrai pour les porteurs d’un acte de défaut de biens, qui savent ce que vaut leur titre.

Les services cantonaux et communaux de désendettement mènent cette négociation gratuitement, avec une crédibilité que le débiteur seul n’a pas.

À l’inverse, méfiez-vous du rachat de crédit proposé par les sociétés privées. Regrouper plusieurs dettes en une seule allonge presque toujours la durée : la mensualité baisse, le coût total augmente. L’opération n’a de sens que si elle fait baisser le taux moyen sans allonger la durée, condition rarement réunie quand le taux de départ est déjà proche du plafond légal de 10 %.

Le calculateur de crédit privé permet de comparer honnêtement l’ancien et le nouveau montage, coût total contre coût total.

Quand la négociation échoue

Deux dispositifs judiciaires prennent le relais, dans cet ordre.

Le règlement amiable des dettes fait intervenir un commissaire qui négocie avec l’ensemble des créanciers sous protection temporaire contre les poursuites. C’est la voie privilégiée pour un débiteur disposant d’un revenu régulier.

La faillite sur déclaration d’insolvabilité n’intervient que si le juge constate que tout règlement amiable est exclu, et elle n’efface pas les dettes. Le guide de la faillite personnelle détaille ce qu’elle change et ce qu’elle laisse intact.

Ce qu’il faut retenir

  • Commencez par établir le minimum vital au sens de l’article 93 LP : il fixe le plafond réaliste de toute négociation.
  • Arrêtez d’abord les dettes qui se créent chaque mois : crédits renouvelables, primes LAMal, impôts courants.
  • Hiérarchisez par conséquence puis par taux, pas par montant.
  • Les créances sous acte de défaut de biens sont les moins urgentes : elles ne portent pas d’intérêts.
  • Le rachat de crédit allonge presque toujours la durée et augmente le coût total.
  • Les services cantonaux de désendettement accompagnent gratuitement la démarche.

Prochaine étape : listez toutes vos dettes avec leur taux et leur créancier sur une seule feuille. C’est le document que tout service de désendettement vous demandera en premier, et l’établir suffit souvent à faire apparaître l’ordre à suivre.

Du budget à la procédure

Le budget mensuel mesure le montant soutenable pour une négociation. Si un commandement de payer arrive, respectez les délais du guide des poursuites sans attendre la fin des négociations. Les chiffres de l’endettement apportent un contexte statistique, sans déterminer l’issue de votre dossier.

Réforme de l’assainissement : état au 19 septembre 2026

L’OFJ suit la réforme de l’assainissement des personnes physiques. Une adoption ou une publication législative ne vaut pas entrée en vigueur. Au jour du contrôle, la nouvelle libération des dettes n’est pas une procédure ouverte sur laquelle fonder un plan de remboursement. Les règles actuelles décrites ci-dessus restent la base de cette page ; une nouvelle vérification sera nécessaire à l’entrée en vigueur.

Sources complémentaires

Les questions qui reviennent

Par quelle dette faut-il commencer ?
Pas nécessairement la plus grosse. L'ordre utile est celui des conséquences : d'abord ce dont l'impayé menace le logement ou la couverture santé — loyer, primes LAMal —, ensuite ce qui coûte le plus cher en intérêts, enfin le reste. Une dette de carte de crédit à 12 % grossit plus vite qu'un arriéré d'impôt à 4 %.
Un rachat de crédit aide-t-il vraiment à se désendetter ?
Rarement. Regrouper plusieurs dettes en une seule allonge presque toujours la durée, ce qui abaisse la mensualité et augmente le coût total. Le rachat n'a de sens que s'il fait baisser le taux moyen sans allonger la durée — une condition qui n'est presque jamais réunie quand le taux de départ est déjà proche du plafond légal.
Les services de désendettement sont-ils payants ?
Les services cantonaux et communaux de désendettement accompagnent gratuitement l'établissement du budget, le calcul du minimum vital et la négociation avec les créanciers. Méfiez-vous des sociétés privées qui facturent un « regroupement de dettes » : elles vendent en général un nouveau crédit, pas un désendettement.
Peut-on négocier une remise de dette avec un créancier ?
Oui, et c'est plus fréquent qu'on ne le croit. Un créancier titulaire d'un acte de défaut de biens sait que sa créance ne porte pas d'intérêts et se prescrit en principe par vingt ans, sous réserve d’interruption. Un paiement immédiat partiel vaut souvent mieux, pour lui, qu'une créance théorique. La négociation se mène mieux avec l'appui d'un service spécialisé.
Que reste-t-il pour vivre pendant une saisie ?
Le minimum vital, calculé par l'office des poursuites sur la base du loyer effectif, des primes d'assurance maladie, des frais professionnels, des contributions d'entretien versées et d'un montant de base pour l'entretien. Tout ce qui dépasse est saisissable. Fournir les justificatifs à jour est le seul moyen d'obtenir un calcul correct. (Source : art. 93 LP)
Faut-il continuer à payer ses impôts quand on est surendetté ?
Oui, et il vaut mieux demander un plan de paiement à l'administration fiscale que de laisser courir. Un arriéré d'impôt porte intérêt moratoire — 4 % au niveau fédéral en 2026 — et se transforme en poursuite comme n'importe quelle créance. Une demande de révision des acomptes, quand le revenu a baissé, évite d'aggraver la situation.

Qui écrit

Dany Santos Grilo, fondateur de Calcul Suisse

Dany Santos Grilo

Fondateur de Calcul Suisse · Maturité en économie · Lausanne

  • Maturité gymnasiale en économie
  • Entrepreneur depuis 2020
  • Comptabilité et fiscalité d’entrepreneur
  • Gestion finance et trésorerie
  • Développeur web et IA
  • Fondateur d’ascense.ch

Données vérifiées manuellement à partir des sources officielles (OFAS, AFC, OFS). Contenu rédigé avec l’assistance de l’IA et relu avant publication.

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