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Assurance complémentaire : ce qu'elle couvre vraiment

La complémentaire n'est pas la LAMal : l'assureur peut refuser, poser des réserves et résilier. Ce qu'elle couvre, à quel prix, et quand elle vaut la peine.

  • CatégorieFinance
  • Publié30 août 2026
  • Mis à jour30 août 2026
  • Lecture6 minutes
  • AuteurDany Santos Grilo
2 rappels rapides et importants
  • prime LAMal moyenne adulte 2026 : 465,30 CHF par mois
  • prime LAMal moyenne enfant 2026 : 122,50 CHF par mois
  1. Ce que la LAMal couvre déjà
  2. Les quatre familles de complémentaires
  3. Le questionnaire de santé, et ce qu’il implique
  4. Séparer la base de la complémentaire
  5. Faire le calcul avant de signer
  6. Ce qu’il faut retenir

L’assurance de base et l’assurance complémentaire portent souvent le nom du même assureur, arrivent dans la même enveloppe et se paient sur la même facture. Juridiquement, elles n’ont presque rien en commun.

La première relève de la LAMal : l’assureur doit vous accepter, quels que soient votre âge et votre état de santé, sans réserve ni délai d’attente, et il ne peut pas vous demander de remplir un questionnaire de santé. La seconde relève de la loi sur le contrat d’assurance : il peut refuser, poser des réserves, exclure des affections et, dans certains cas, résilier.

Cette asymétrie commande tout le reste.

Ce que la LAMal couvre déjà

Avant d’acheter une complémentaire, il vaut la peine de savoir ce qui est déjà payé. L’assurance de base couvre les soins médicaux en cas de maladie, de maternité et d’accident si vous n’êtes pas assuré par ailleurs, les médicaments de la liste des spécialités, l’hospitalisation en division commune dans tout hôpital figurant sur la liste de votre canton, et les soins à l’étranger en cas d’urgence.

Ce qu’elle ne couvre pas ou mal : les traitements dentaires courants, les lunettes et lentilles au-delà de montants très limités, la chambre individuelle ou à deux lits à l’hôpital, le libre choix du médecin en établissement, les médecines complémentaires au-delà de quelques disciplines reconnues, les transports et sauvetages au-delà d’un plafond annuel, les cures et les traitements à l’étranger hors urgence.

C’est cette liste, et elle seule, qui définit l’espace des complémentaires.

Les quatre familles de complémentaires

L’hospitalisation. La plus chère et la plus discutée. Elle ne finance pas de meilleurs soins — la qualité médicale ne dépend pas de la division — mais un meilleur confort : chambre à deux lits ou individuelle, libre choix du médecin, accès aux cliniques privées et aux hôpitaux hors canton. La question à se poser n’est pas médicale mais personnelle : combien vaut, pour vous, la perspective de partager une chambre pendant une semaine.

Les soins ambulatoires. Elle complète ce que la base laisse de côté : médecines complémentaires, lunettes, check-ups, vaccinations non couvertes, contributions au fitness, psychothérapie hors cadre médical. Les montants remboursés sont plafonnés poste par poste, souvent à quelques centaines de francs par an. Le calcul est arithmétique : additionnez les plafonds qui vous concernent réellement et comparez à la prime annuelle.

Le dentaire. Traité séparément parce que sa logique est différente : le besoin est prévisible pour un enfant qui aura probablement un traitement orthodontique, imprévisible pour un adulte. Les contrats appliquent un pourcentage de prise en charge, un plafond annuel qui monte souvent par paliers sur les premières années, et des délais d’attente à l’entrée.

L’indemnité journalière. Elle assure un revenu de remplacement en cas de maladie. Pour un salarié, l’employeur a souvent déjà souscrit une couverture collective — vérifiez votre contrat de travail avant de payer deux fois. Pour un indépendant, c’est la couverture la plus importante de toutes, et la moins souscrite.

Le questionnaire de santé, et ce qu’il implique

L’assureur d’une complémentaire peut poser toutes les questions qu’il veut sur votre santé, et il le fait. Trois issues sont possibles : l’acceptation, l’acceptation avec réserve — une affection nommément exclue, parfois à vie —, ou le refus pur et simple.

Deux conséquences pratiques en découlent, et elles vont dans le même sens.

D’abord, souscrire tôt. Ce n’est pas le tarif qui pose problème avec l’âge, c’est l’acceptation. Une complémentaire hospitalisation souscrite pour un enfant en bonne santé reste acquise ; la même demande à cinquante ans, après un premier épisode cardiaque, se heurte à une réserve ou à un refus.

Ensuite, répondre exactement. Une réticence — une omission dans le questionnaire — permet à l’assureur de se départir du contrat lorsqu’elle est découverte, souvent au moment du sinistre. Le risque n’est pas théorique : c’est la principale cause de litige en assurance complémentaire.

Séparer la base de la complémentaire

Quand vous changez de caisse pour l’assurance de base, votre ancien assureur n’a pas le droit de vous obliger à résilier aussi votre complémentaire, ni de la résilier lui-même. Les deux contrats vivent leur vie séparément.

Cette séparation a une conséquence qu’il faut anticiper : les délais de résiliation ne sont pas les mêmes. L’assurance de base se résilie au 30 novembre pour le 1er janvier ; la complémentaire suit les conditions générales de son propre contrat, souvent trois mois avant l’échéance annuelle, parfois avec une durée contractuelle pluriannuelle.

L’ordre à respecter est donc : lire les conditions générales de la complémentaire avant de résilier la base. Sinon, vous vous retrouvez avec une complémentaire chez un assureur que vous venez de quitter — ce qui n’est pas dramatique, mais complique les décomptes et fait souvent perdre les rabais de regroupement.

Le guide du changement de caisse détaille le calendrier de la base.

Faire le calcul avant de signer

Trois questions suffisent à trancher la plupart des cas.

Combien la prime coûte-t-elle sur vingt ans ? Une complémentaire ambulatoire à 40 CHF par mois représente 9’600 CHF sur vingt ans. Mise en regard des plafonds annuels effectivement utilisables, l’équation est souvent défavorable pour une personne en bonne santé.

Le risque est-il assurable autrement ? Une réserve d’épargne joue le même rôle qu’une complémentaire ambulatoire, avec l’avantage de rester disponible pour autre chose. Elle ne remplace en revanche pas une complémentaire hospitalisation, dont le coût potentiel dépasse largement ce qu’un ménage peut provisionner.

La couverture existe-t-elle déjà ailleurs ? L’employeur couvre fréquemment l’indemnité journalière maladie et parfois l’hospitalisation. La LAA couvre les accidents dès huit heures de travail hebdomadaires. Une assurance ménage et RC couvre des risques que certains contrats santé prétendent inclure.

La prime LAMal moyenne d’un adulte atteint 465,30 CHF par mois en 2026, celle d’un enfant 122,50 CHF. Avant d’ajouter une complémentaire, vérifier que la base est optimisée rapporte souvent davantage : le comparateur d’assurance maladie mesure l’écart entre votre prime et la moyenne cantonale.

Ce qu’il faut retenir

  • L’assureur peut refuser une complémentaire, poser des réserves et exiger un questionnaire de santé. Rien de cela n’est possible en assurance de base.
  • Les deux contrats sont indépendants : changer de caisse pour la base n’oblige jamais à résilier la complémentaire.
  • Les délais de résiliation de la complémentaire figurent dans ses conditions générales, pas dans la loi.
  • Souscrire tôt ne fait pas économiser sur la prime, mais évite le refus.
  • Une réticence dans le questionnaire de santé permet à l’assureur de se départir du contrat, souvent au moment du sinistre.
  • La complémentaire hospitalisation achète du confort, pas de meilleurs soins.

Prochaine étape : reprenez votre police complémentaire et repérez deux chiffres — le plafond annuel par poste et la prime. Si le premier ne dépasse pas le second, le contrat ne travaille pas pour vous.

Les questions qui reviennent

Une caisse peut-elle refuser une assurance complémentaire ?
Oui, sans avoir à se justifier. L'obligation d'accepter tout assuré sans réserve et sans délai d'attente ne vaut que pour l'assurance de base. Pour une complémentaire, l'assureur peut exiger un questionnaire de santé, refuser la demande, ou l'accepter avec des réserves excluant certaines affections. C'est la différence juridique majeure entre LAMal et LCA.
Faut-il résilier sa complémentaire quand on change de caisse de base ?
Non, et votre caisse n'a pas le droit de vous y obliger. Elle ne peut pas non plus résilier votre complémentaire de son propre chef parce que vous quittez la base. Les deux contrats sont juridiquement distincts : l'un relève de la LAMal, l'autre de la loi sur le contrat d'assurance.
Quels sont les délais de résiliation d'une complémentaire ?
Ils ne suivent pas ceux de l'assurance de base et figurent dans les conditions générales de votre contrat. Trois mois avant l'échéance annuelle est courant, mais certains contrats prévoient des durées pluriannuelles. Lisez les conditions avant de résilier la base, sinon vous risquez de vous retrouver avec une complémentaire chez un assureur que vous venez de quitter.
La complémentaire dentaire vaut-elle son prix ?
Rarement pour un adulte en bonne santé dentaire, souvent pour un enfant qui aura besoin d'un traitement orthodontique. Les contrats plafonnent le remboursement annuel et appliquent un pourcentage de prise en charge, avec des délais d'attente à l'entrée. Comparez le plafond annuel multiplié par les années de cotisation avec le coût du traitement attendu.
Quand souscrire une complémentaire ?
Le plus tôt possible, pour la raison inverse de celle qu'on imagine : ce n'est pas le prix qui monte avec l'âge, c'est le risque de refus. Un assureur accepte facilement un enfant ou un jeune adulte sans antécédent, beaucoup plus difficilement un adulte avec un dossier médical. Une complémentaire souscrite tôt reste acquise.
L'hospitalisation en division commune est-elle bien couverte par la LAMal ?
Oui, dans tout hôpital figurant sur la liste de votre canton, avec une contribution aux frais de séjour. Les complémentaires hospitalisation ne financent pas de meilleurs soins mais un meilleur confort — chambre à deux lits ou individuelle, libre choix du médecin, accès aux cliniques privées et aux hôpitaux hors canton.

Qui écrit

Dany Santos Grilo, fondateur de Calcul Suisse

Dany Santos Grilo

Fondateur de Calcul Suisse · Maturité en économie · Lausanne

  • Maturité gymnasiale en économie
  • Entrepreneur depuis 2020
  • Comptabilité et fiscalité d’entrepreneur
  • Gestion finance et trésorerie
  • Développeur web et IA
  • Fondateur d’ascense.ch

Données vérifiées manuellement à partir des sources officielles (OFAS, AFC, OFS). Contenu rédigé avec l’assistance de l’IA et relu avant publication.

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