Comment fonctionne l'impôt à la source
Chaque mois, l'employeur prélève directement l'impôt sur le salaire du travailleur étranger. Le montant retenu suit les barèmes publiés par l'Administration fédérale des contributions (AFC), déclinés par canton. En cas de TOU, une déclaration est nécessaire et la retenue est imputée sur l'impôt final.
Le barème à la source intègre des forfaits pour les frais professionnels (trajet domicile-travail, repas hors domicile), les primes d'assurance maladie et les cotisations sociales. Ces forfaits correspondent à des montants moyens — pas à la situation réelle du contribuable. Un salarié qui prend les transports publics à 800 CHF par an se voit appliquer le même forfait que celui qui parcourt 60 km en voiture à 4'500 CHF par an.
Le taux appliqué est progressif et inclut d'un bloc l'IFD (impôt fédéral direct), l'impôt cantonal et la part communale. L'écart entre cantons est aussi marqué qu'en taxation ordinaire : pour un même salaire, la retenue genevoise dépasse largement la retenue zougoise, dans les mêmes proportions qu'une déclaration ordinaire. Le calculateur ci-dessus donne l'ordre de grandeur des deux, canton par canton.
La retenue est estimée par interpolation de barèmes à la source. La comparaison ordinaire est simplifiée et ne reconstitue pas toute la déclaration du ménage. Elle ne suffit pas à décider une demande de TOU ; vérifiez les montants avec le canton.
La taxation ordinaire ultérieure (TOU) : une option méconnue
Depuis 2021, un résident soumis à la source peut demander la TOU. Pour les non-résidents, l’accès dépend notamment de la quasi-résidence : au moins 90 % des revenus bruts mondiaux du ménage doivent être imposables en Suisse. D’autres cas particuliers existent. Conditions officielles genevoises.
Le délai est strict : la demande doit parvenir à l'administration fiscale cantonale avant le 31 mars de l'année qui suit. Pour l'année fiscale 2026, la date limite tombe au 31 mars 2027. Ce délai légal doit être respecté ; une prolongation ordinaire n’est pas possible. La TOU est irrévocable : une fois accordée, le contribuable reçoit une déclaration d'impôts ordinaire et l'intégralité de sa charge fiscale est recalculée.
La TOU permet de demander les déductions admises sur justificatifs, notamment le 3a ou un rachat LPP. Les transports et les autres frais restent soumis aux plafonds et conditions propres à chaque impôt.
Le risque existe aussi dans l'autre sens. Un salarié sans déductions significatives (pas de 3a, pas de frais réels élevés) peut se retrouver avec un impôt ordinaire supérieur à la retenue source. Le forfait intégré dans le barème source protège alors le contribuable. La TOU n'est pas un gain automatique — c'est un calcul à faire au cas par cas.
Variations cantonales
Comparez le même code de barème, la même année et la même périodicité. A désigne notamment une personne seule ; C concerne les époux à deux revenus. Un taux à la source comporte une part communale moyenne et ne se compare pas directement au coefficient d'une commune.
L'impôt à la source dans le canton de Vaud
Vaud applique ses propres barèmes source, publiés chaque année par l'Administration cantonale des impôts et intégrant l'impôt fédéral, cantonal et communal en un seul taux. Le canton retient l'impôt de tout salarié étranger sans permis C domicilié sur son territoire, ainsi que des travailleurs frontaliers qui ne remplissent pas les conditions d'exonération.
Le point qui change tout pour un frontalier vaudois : le canton relève de l'accord franco-suisse du 11 avril 1983. Un résident français employé dans le canton de Vaud est imposé en France sur son salaire suisse, et la France verse une compensation aux cantons suisses concernés. L'attestation de résidence fiscale, remise chaque année à l'employeur, conditionne l'exonération de la retenue suisse. Sans ce document, l'employeur applique le barème source vaudois.
Un résident du canton de Vaud titulaire d'un permis B, lui, subit bien la retenue. Il peut demander la taxation ordinaire ultérieure jusqu'au 31 mars de l'année suivante pour faire valoir ses déductions réelles : pilier 3a, rachat LPP, frais de garde, intérêts de dettes. Le calculateur d'impôt vaudois permet d'estimer ce que donnerait la taxation ordinaire avant de déposer la demande.
L'impôt à la source dans le canton de Genève
Contrairement à Vaud, au Valais, à Neuchâtel, au Jura ou à Berne, le canton retient l'impôt côté suisse pour les frontaliers français, puis reverse une compensation financière à la France. Un frontalier genevois voit donc l'impôt prélevé sur sa fiche de salaire.
Pour un résident, dès 120'000 CHF de revenu annuel brut soumis à la source, la taxation ordinaire ultérieure devient obligatoire : la retenue à la source n'est plus qu'un acompte et une déclaration complète est exigée. En dessous, elle reste possible sur demande, dans le même délai au 31 mars.
Le statut de quasi-résident ouvre la même porte aux non-résidents. Il s'applique lorsque 90 % au moins des revenus mondiaux du ménage sont imposables en Suisse, et il permet de déduire des charges que le barème source ignore : pilier 3a, rachats LPP, intérêts d'emprunt, frais de garde effectifs. Le calculateur de quasi-résident teste la condition des 90 % sur votre situation.
Attention à la mécanique genevoise du splitting : le taux appliqué à un couple marié est celui correspondant à 50 % de son revenu. Le splitting ne suffit pas à conclure que la TOU sera avantageuse. Le barème genevois expliqué détaille ce calcul.
Ce que les chiffres signifient
À Genève, le barème C de perception retient en 2026 un revenu théorique du conjoint égal au salaire du contribuable, plafonné à 70'500 CHF. La rectification prend en compte le revenu réel du conjoint. Les déductions 3a et LPP nécessitent une TOU, sous conditions.
L'estimation ordinaire dépend fortement des déductions déclarées. Sans aucune déduction supplémentaire, l'impôt ordinaire peut dépasser la retenue source — le forfait intégré dans le barème source joue alors en faveur du contribuable. Même avec des déductions supplémentaires, le résultat doit être vérifié sur l’ensemble du ménage.
La TOU implique de remplir une déclaration d'impôts complète. Le contribuable doit déclarer l'ensemble de ses revenus (y compris intérêts, dividendes, revenus locatifs) et sa fortune. La simplicité de la retenue à la source disparaît. Pour un salarié avec un seul revenu et peu de patrimoine, le gain fiscal doit justifier l'effort administratif.
Pour les frontaliers titulaires d'un permis G, des règles spécifiques s'appliquent selon le canton et le pays de résidence. Les cantons de Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Berne, Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Soleure relèvent de l’accord frontalier de 1983 avec la France. Les frontaliers résidant en France et travaillant à Genève sont imposés à la source en Suisse, tandis que ceux travaillant dans les autres cantons sont généralement imposés en France.
Calculs liés à cette situation
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