Depuis le 1er janvier 2026, le retard sur un impôt fédéral coûte 4,0 % par an, contre 4,5 % l'année précédente. Le mouvement inverse a touché l'autre côté du compteur : l'intérêt versé sur les paiements anticipés volontaires de l'impôt fédéral direct est passé à 0,0 %.
La conséquence pratique tient en une phrase : au fédéral, payer en retard coûte, payer en avance ne rapporte plus rien.
Les deux taux, et ce qui a changé
| Situation | 2025 | 2026 |
|---|---|---|
| Intérêt moratoire (retard de paiement) | 4,5 % | 4,0 % |
| Intérêt rémunératoire général | 4,5 % | 4,0 % |
| Paiement anticipé volontaire de l'IFD | — | 0,0 % |
Le Département fédéral des finances revoit ces taux chaque année pour les aligner sur le niveau général des taux d'intérêt. La baisse de 2026 suit le reflux des taux observé sur le marché.
Ces taux valent pour les impôts et contributions de la Confédération. Chaque canton fixe les siens, souvent différents et parfois nettement plus élevés. Le bordereau cantonal indique le taux applicable ; à défaut, l'administration fiscale le publie avec ses directives annuelles.
Quand le compteur démarre
L'intérêt moratoire court dès l'échéance du montant dû. Une règle protège le contribuable qui n'a rien à se reprocher : si, à l'échéance, il n'a pas encore reçu la notification du calcul de l'impôt et qu'il n'est pas responsable de ce retard, l'intérêt ne commence à courir que 30 jours après la notification.
Cette nuance compte dans les cantons où la taxation intervient tardivement. Un décompte final reçu deux ans après la fin de l'année fiscale ne fait pas courir deux ans d'intérêts si le retard vient de l'administration.
4 % par an, comparé à quoi
Reporter le paiement de l'impôt revient à emprunter à 4 %. Mis en regard des autres formes de financement disponibles, ce taux se situe entre le crédit hypothécaire et le crédit à la consommation.
Un emprunt hypothécaire coûte nettement moins ; un crédit privé coûte souvent le double ou le triple. Pour un contribuable qui dispose d'une réserve de liquidités, payer l'impôt et laisser dormir moins d'épargne est presque toujours gagnant : peu de comptes suisses rapportent 4 % nets.
L'exception concerne celui qui n'a pas la trésorerie du tout. Dans ce cas, un plan de paiement négocié avec l'administration coûte les mêmes intérêts qu'un retard subi, mais évite la sommation, la poursuite et les frais qui vont avec.
Ajuster les acomptes plutôt que subir le décompte
Les cantons calculent les acomptes sur la dernière taxation connue. Deux situations méritent une intervention en cours d'année plutôt qu'un règlement de comptes à la fin.
L'année a été bonne — bonus, vente d'un bien, retrait de capital de prévoyance, dividende exceptionnel. Le décompte final produira un solde important, qui portera intérêt. Demander une hausse des acomptes coûte de la trésorerie tout de suite et évite les 4 %.
L'année a été mauvaise — perte d'emploi, temps partiel, congé non payé. Les acomptes calculés sur l'année précédente sont trop élevés. Demander une révision à la baisse évite d'avancer un argent qui reviendra sans rémunération, puisque le taux rémunératoire fédéral est désormais nul.
Le calculateur d'impôts permet d'estimer la charge de l'année avant de formuler la demande, et le calcul cantonal détaillé tient compte du coefficient de votre commune.
Calculs liés à cette situation
- Calculateur de provision AVS et impôts : Calculez la réserve AVS et impôts sur vos prochains encaissements, avec barème 2026, acomptes payés et trésorerie déjà réservée.
- Calculateur de provision mensuelle pour impôts : Calculez la réserve mensuelle pour vos impôts après les paiements déjà faits, l’épargne disponible et les acomptes prévus. Calendrier et intérêts.